La formation des jeunes dans le qualifiant: une priorité pour l’avenir des entreprises dans le secteur de la construction

La Confédération construction Bruxelles-Capitale (CCBC) coordonne depuis 2014 le projet-pilote de stage d’immersion en entreprise pour les élèves, dont l’objectif est de renforcer les synergies entre le monde de l’enseignement et le monde entrepeneurial. Gros plan sur cette initiative concrète du rapprochement écoles-entreprises, saluée par la Fondation pour l’enseignement.

Cette initiative sectorielle ambitieuse vise à améliorer la qualité des stages, à sensibiliser les jeunes aux métiers de la construction et à améliorer la compétitivité des entreprises du secteur.
 
Le constat sectoriel. Depuis plusieurs années, le marché du travail belge de la construction est confronté à de nombreux défis socio-économiques tels que le dumping social, lié au système européen de détachement des travailleurs étrangers, mais aussi par le manque structurel de main d’œuvre qualifiée. Selon le Fonds de formation professionnelle de la construction (FFC, Etude Hermès, 2011), cette pénurie tant qualitative que quantitative s’explique principalement par deux raisons: d’une part, la rotation annuelle du personnel ouvrier est relativement élevée (21,89%) et, d’autre part, le taux de transition des jeunes diplômés en Belgique est particulièrement faible (46%).
 
A Bruxelles, la transition entre l’école et un emploi durable dans le secteur de la construction est dramatiquement faible: seuls 3,9% des jeunes diplômés 2010-2011 de l’enseignement de plein exercice du 3ème degré (technique et professionnel) ont effectivement transité dans le secteur de la construction. De plus, selon les données du Service d’étude du Fonds sectoriel, la part de l’enseignement dans les entrées du secteur est également très faible (3%), avec environ 30 ouvriers sur les 1056 qui sont entrés dans le secteur de la construction à Bruxelles en 2013 (Commission paritaire 124). A cela s’ajoute le phénomène des Neets, les jeunes qui sont sans travail et qui ne suivent ni étude, ni formation - ils sont plus de 24.000 à Bruxelles.
 
Du diagnostic à l’action. La CCBC a poursuivi son action en amplifiant les collaborations en 2015. Cela a permis de mobiliser une quarantaine d’élèves de la 4ème à 7ème année du secondaire (section gros œuvre et section chauffagiste/sanitaire) issus de plusieurs écoles bruxelloises. Ces élèves ont eu l’opportunité de se confronter à leur future pratique professionnelle durant deux à six semaines de stage, grâce à la participation d’une vingtaine d’entreprises membres. Pour rappel, les résultats obtenus en 2014 s'étaient avérés très encourageants au niveau de la motivation et de l’orientation des jeunes: 100% des élèves de 6ème ont transité vers l’alternance en 7ème et la 3ème année a doublé le nombre d’élèves s’intéressant au secteur de la construction.
 
Concrètement, cette expérience pilote a permis de rapprocher le monde de l’école de celui des entreprises, de former et de conscientiser les jeunes à la réalité de leur futur métier, ainsi que de confirmer leur orientation scolaire. La fédération patronale a assuré le rôle de facilitateur en assurant un travail de coordination avant le stage (séance d’information, séminaire de sensibilisation à l’entrepreneuriat, rédaction de la lettre de motivation et du curriculum vitae), pendant le stage (contact permanent tant auprès du tuteur de stage, du professeur que de l’élève) et après de stage (table ronde pour la phase d’évaluation, suivi individualisé des jeunes). Ce travail d’accompagnement a permis de garantir à tous les acteurs le bon déroulement du stage.
 
Des perspectives pour un enseignement d’excellence dans le secteur. Cette seconde édition du projet pilote constitue un signal positif pour le secteur. Il apparaît clairement qu’une confrontation au plus tôt dans la formation des jeunes au climat de l’entreprise favorise leur transition vers le marché du travail. Dès lors, la CCBC désire poursuivre ses efforts afin d’aboutir au plus vite à un enseignement de qualité qui permette, d’une part, aux entreprises de trouver de la main d’œuvre qualifiée et motivée en nombre suffisant et, d’autre part, de participer à la résorption du chômage bruxellois.
 
Infos: CCBC