L’apprentissage: une approche européenne

C’est la dimension européenne de l’apprentissage qui a fait l’objet de la clôture du symposium organisé par la Palais Royal ce 25 mai 2016, qui s’est tenue dans la salle du Trône, en présence de sa Majesté le Roi et des Ministres en charge de l’éducation, de la formation et de l’emploi en Belgique.  Plusieurs projets ont été présentés.

Le problème de l’emploi des jeunes et de leur formation est une préoccupation majeure au sein de l’Union européenne, ainsi que l’a expliqué Marianne Thyssen, commissaire européenne à l'emploi et aux affaires sociales également chargée des « compétences ». Au niveau européen aussi, une multiplication des synergies école-entreprise est nécessaire.

Trois initiatives européennes ont été mises à l’honneur.

L’ Alliance européenne pour l'apprentissage a été lancée en 2013 par une déclaration commune des Partenaires sociaux européens, de la Commission européenne et de la présidence du Conseil de l’Union européenne. C’est une plateforme qui rassemble les Etats, des régions, des entreprises, des syndicats, des chambres de commerce, des écoles, des centres de formation professionnelle, des jeunes, etc. Objectif: renforcer la qualité, l'offre et l'image de l'apprentissage en Europe. A ce jour, plus de 100 participants ont pris des engagements concrets vis-à-vis de l’alliance, par exemple en ouvrant des places d’apprentissage. Cette alliance, animée par la Commission européenne, est à l’initiative du site internet Drop’pin, qui, entre-autres, rassemble les opportunités d’apprentissage au niveau européen.

Le Pacte européen pour la jeunesse a été lancé le 17 novembre 2015 à Bruxelles. C’est une initiative du réseau d’entreprises CSR Europe. Il vise à multiplier les partenariats entre les entreprises et tous les acteurs de la formation visant l'emploi et l'inclusion des jeunes. Pour 2017, les entreprises participantes se sont engagées vis-à-vis de la Commission européenne à créer 10 000 partenariats et 100 000 postes d’apprentissage/stage en entreprise ou de premier emploi.

Erasmus+ est la nouvelle version du projet Erasmus de la Commission européenne. Il n’est plus réservé aux étudiants de l’enseignement supérieur, mais est ouvert à toute la communauté apprenante et éducative. Pour les filières qualifiantes, il donne plusieurs types d’opportunités. Les élèves peuvent aller suivre une partie de leur formation dans une autre école européenne ou effectuer un stage dans une entreprise d’un autre Etat-membre. Les enseignants peuvent passer une période déterminée dans un autre pays pour y donner des cours, pour suivre une formation continue ou pour faire un stage d’observation.

Pour favoriser le développement de ces partenariats de mobilité, il est essentiel d’établir un socle de référence, afin de pouvoir appréhender l’apprentissage de la même manière où qu’on soit en Europe. Marianne Thyssen a donc lancé l’élaboration d’un « Agenda pour des compétences nouvelles pour l’Europe », avec trois objectifs:

  • Fixer des compétences de base communes, que les Etats membres devront faire acquérir par tous les travailleurs qui entrent sur le marché de l’emploi ou qui visent une formation complémentaire.
  • Développer l’apprentissage en tant que filière majeure pour accéder à l’emploi (et non plus comme un plan B).
  • Etablir une grille de compétences lisible et comparable d’un Etat-membre à l’autre, afin de faciliter la mobilité des apprenants et des travailleurs.