L’Ecole vue de l’Europe

La Commission européenne publie son Rapport de suivi de l’éducation et de la formation, qui relate les évolutions des système éducatifs des Etats membres de l’UE. Il en souligne les avancées et les manquements, entre autres qualitatifs.

Faire le point sur l’enseignement

Chaque année, la Commission européenne publie son Rapport de suivi de l'éducation et de la formation. Le but: faire le point sur l’évolution des systèmes d’éducation des Etats membres. Et voir si cette évolution va dans le sens des stratégies UE. Bien sûr, toutes les matières socioéconomiques touchent de près ou de loin à l’enseignement. Nous citerons donc les deux principales politiques concernées: le Cadre stratégique de l’UE pour la coopération dans le domaine de l’éducation et de la formation et la Stratégie globale de la Commission pour la croissance et l’emploi, autrement dit la fameuse "Stratégie 2020".

Développement économique et emploi

L’objectif de l’UE est de dynamiser les secteurs porteurs de développement économique et d’emplois. Ces secteurs, pour l’essentiel, sont liés à certaines industries traditionnelles, comme la chimie, la pharmacie et les technologies, mais également aux secteurs émergents tels que les TIC, l’économie verte et l’économie bleue. Tous ces secteurs ont un point commun :  leur haut degré de technicité. Le rôle de l’enseignement est donc de doter un maximum de futurs travailleurs des compétences nécessaires pour s’insérer dans ces secteurs porteurs d’avenir.

Une Ecole en phase

Le Rapport de suivi de l’éducation et de la formation vérifie dans chaque Etat membre si l’école permet (ou permettra) de répondre à cette mission. Les critères sont, entre autres : les connaissances et compétences de base, le décrochage scolaire, la qualité de la formation des enseignants, l’adéquation de l’enseignement professionnel, le taux de réussite dans les études supérieures, la capacité d’insertion des jeunes diplômés, l’apprentissage tout au long de la vie, etc. Pour cela, il s'appuie sur un large éventail de données et de statistiques provenant d’Eurostat, des études et enquêtes de l’OCDE, du réseau Eurydice et de diverses universités.

Belgique: équité!

En Belgique, le problème principal, c’est l’équité. « La performance des élèves est fortement liée à leur origine socio-économique, en particulier pour les migrants d'origine. Cela est d'autant plus grave que les groupes défavorisés au sein de la population scolaire sont ceux qui sont les plus susceptibles daugmenter. » Le rapport pointe la faiblesse des écoles défavorisées en matière d’encadrement et de soutien. Autre préoccupation : le petit nombre d'étudiants en sciences et en technologie, qui grève la future capacité d'innovation du pays. Le rapport se félicite cependant des réformes de l’enseignement qualifiant, qui vont dans le sens des recommandations adressée par la Commission en 2015.

Enseignement qualifiant : en progrès mais peut mieux faire

Pour la Belgique, le rapport salue notamment les réformes en cours de l’enseignement qualifiant, soulignant l’importance d’un enseignement professionnel de qualité et en phase avec les attentes des futurs employeurs.

Pour la Commission, l’enseignement professionnel joue un rôle essentiel dans ses stratégies de développement. Surtout en raison du haut taux d’employabilité des jeunes diplômés : 73 % en 2015 à l’échelle européenne. Le rapport mesure le renforcement de cette filière en fonction de trois critères :

  • La formation en alternance - Les choses sont en train de changer, mais la Belgique est encore en queue de peloton: moins de 10 % des élèves bénéficient de cette formule, contre plus de 80 % en Lettonie, au Danemark, en Hongrie et en Allemagne.
  • La perméabilité professionnel-supérieur - En Belgique, 20 % des élèves sortant de professionnelle font des études supérieures, contre la (quasi) totalité en Finlande.
  • L’internationalisation des parcours de formation - La proportion d’élèves de professionnelle complétant leur formation à l’étranger est faible, mais c’est le cas dans tous les Etats membres.