Le « baromètre Diversité Enseignement »

Unia publiait le 04 février dernier son Baromètre diversité Enseignement, commandité à l’ULB, la KU Leuven et l’UGent mettant en évidence des processus induisant des inégalités entre les élèves.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, 662 enseignants et directeurs d’école issus de 320 écoles ont été interrogés. Nous sommes tous nés égaux, parait-il. Et pourtant dès les bancs de l’école, certains enfants sont plus égaux que d’autres…. Tel est un des principaux constats posés par cette étude.

Voici quelques extraits :

(…) Les chercheurs ont levé un coin du voile sur les processus présidant à l’orientation des élèves. « Il en ressort que les décisions des conseils de classe ne se basent pas toujours sur les compétences des élèves. En effet (…) l’origine sociale ou ethnique peut jouer un rôle déterminant quant aux décisions prises », résume Patrick Charlier, directeur d’Unia.

Ainsi, à résultats scolaires identiques, les justifications apportées pour attribuer telle ou telle attestation d’orientation (réussite, redoublement ou réorientation) ne sont pas les mêmes selon les caractéristiques des élèves. Des réorientations sont ainsi par exemple justifiées par le manque de soutien parental supposé de l’élève d’une origine sociale peu élevée et/ou étrangère. 

« Cette recherche montre l’importance de travailler sur les préjugés. L’origine des élèves influence encore la manière d’appréhender leur accompagnement et leur orientation. Et cela entraîne des différences d’opportunités entre les élèves ayant pourtant des capacités comparables. De nombreuses recherches montrent aussi que plus l’orientation intervient tôt, plus celle-ci renforce l’inégalité selon l’origine sociale. Opter pour une prolongation du tronc commun, comme le prévoit le Pacte pour un enseignement d’excellence en Fédération Wallonie-Bruxelles, semble aller dans la bonne direction, à condition d’éviter les orientations « cachées » comme celles qui ont lieu dans le premier degré. » (…)

(…) Les enseignants, tout en se disant conscients des enjeux, estiment ne pas être suffisamment outillés pour la mise en place d’aménagement raisonnables (40%), pour enseigner de manière adéquate à des élèves primo-arrivants (80%) ou encore à une classe présentant une forte diversité linguistique (70%). Face à l’absence d’une politique globale en la matière, ils sont souvent contraints de « bricoler ». Patrick Charlier souligne qu’« il y a de la bonne volonté partout, mais cela ne suffit pas à obtenir davantage d’égalité des chances dans l’éducation. Il faut aider et soutenir les enseignants, adapter le système dans lequel ils évoluent, repenser leur formation et aussi revaloriser la profession  ». (…)

Unia recommande de soutenir et de former les acteurs scolaires :  (…) Il faut soutenir les équipes éducatives dans l’acquisition de méthodes, d’outils et de compétences pédagogiques pour appréhender des classes diversifiées. Via la formation initiale ou dans le cadre d’une formation continuée, il faut également sensibiliser les enseignants à l’importance du climat de classe et les outiller à détecter les situations de harcèlement et à y répondre adéquatement. (…)

Olivier Remels, Secrétaire général de la Fondation pour l'Enseignement : « Ces constats remettent en exergue des défis important en matière d’équité, ce qui ne veut pas dire non plus que rien ne se fait déjà aujourd’hui sur le terrain pour travailler sur ces éléments qui sont complexes et multifactoriels. Cela renvoie en tous cas à deux chantiers essentiels du Pacte d’Excellence : investir dans l’orientation positive des élèves et former les enseignants à gérer l’hétérogénéité des classes et des élèves… ».

Pour plus d’information, cliquez ici : https://www.unia.be/fr/articles/lenseignement-en-belgique-reste-inegalitaire-selon-lorigine-sociale-ou-ethnique-des-eleves