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DOSSIER : Contrer les pénuries d’enseignants en améliorant la mobilité professionnelle vers l’enseignement

Au-delà des mesures positives prises par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en juin 2020, la Fondation pour l’Enseignement propose d’attirer aussi des talents et faciliter leur intégration dans l’enseignement, tout en veillant à l’acquisition des compétences pédagogiques.

  1. Rappel des constats
  2. Les pistes proposées à la discussion
  3. Témoignages d’acteurs du terrain

A. La Fondation pour l’Enseignement fait plusieurs constats

La pénurie d’enseignants a privé les élèves de 2 heures de cours par semaine (allant jusqu’à une perte de 6 semaines de cours par an) en 2019[1]. 1 élève sur 5 serait confronté à un problème d’absence d’enseignants pour cause structurelle[2]. On évalue en 2018-2019 le déficit structurel à plus de 1200 ETP enseignants[3]. Cette problématique structurelle, qui touche de nombreux pays européens, pose la question de l’adaptation ou non des carrières de l’enseignement aux réalités des parcours professionnels d’aujourd’hui, mais également celle de l’attractivité de l’enseignement.

Des mesures internes au système éducatif ont été mises en place pour agir sur l’attractivité du métier (par ex., « pourquoipasprof.be ») et réduire le taux important de décrochage des jeunes enseignants (1 sur 5 quitte le métier dans la première année, plus d’1 sur 3 dans les 5 ans). Fin juin 2020, le Gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles et la Ministre de l’Education ont a pris une série de très bonnes initiatives visant à améliorer la mobilité intra-enseignement, que l’on salue.  

Premier constat: le cloisonnement des carrières ne correspond plus ni aux attentes des entreprises, ni à celles des nouvelles générations d’enseignants[4] et n’offre pas aux élèves de vue sur les dynamiques des parcours professionnels d’aujourd’hui.

Second constat: des travailleurs de l’entreprise manifestent leur intérêt pour une reconversion professionnelle positive dans l’enseignement, seraient intéressés par une occupation mixte, à temps partiel dans l’entreprise et dans l’enseignement, à titre temporaire ou à long terme. Des travailleurs sont aussi dans des parcours de transition menant au départ de l’entreprise, notamment lorsque la mobilité en interne s’avère impossible.

Troisième constat: l’enseignement exprime au travers du Pacte pour un Enseignement d’Excellence une double volonté : d’une part une évolution des métiers et des pratiques professionnelle dans l’enseignement et, d’autre part, une ouverture accrue vers le monde du travail, notamment pour renforcer les liens entre l’enseignement et l’emploi[5]. Ces deux éléments justifient d’autant plus la pertinence des carrières mixtes.

B. Réfléchir à des solutions ouvertes sur le monde du travail dans son ensemble

D’emblée, précisons -contrairement à ce que d’aucuns ont pu affirmer au moment de la publication de ces propositions en juin 2020-  qu’il ne s’agit aucunement de « brader le métier » en intégrant dans l’enseignement des personnes ne disposant pas de compétences pédagogiques acquises ou en cours d’acquisition. Bien au contraire.

1. Renforcer l’attractivité du métier et de la carrière de d’enseignant. Pour cela, il est nécessaire de:

  1. Rendre ses lettres de noblesses au métier d’enseignant en restaurant une image correcte de celui-ci, mieux valoriser les compétences que l’enseignant développe et mobilise dans son métier, auprès du grand public et de l’entreprise : enseigner est un métier exigeant, alliant des compétences disciplinaires, pédagogiques, interpersonnelles, autonomie, assertivité, … qui sont d’ailleurs aussi autant de compétences prisées pour des reconversions professionnelles de l’enseignement vers l’entreprise.
  2. Reconnaître l’ancienneté acquise en entreprise, en alignant celle-ci pour toutes les disciplines, niveaux et types d’enseignement à 15 ans, dès lors que les titres pédagogiques sont acquis ou en cours d’acquisition. Actuellement, seules 10 années d’expérience utile sont reconnues, pour les enseignants de cours techniques et de pratique professionnelle uniquement, et dans le cadre d’une procédure administrative assez lourde.
  3. Stabiliser les travailleurs et les équipes, d’une part en assouplissant le Décret « Titres et Fonctions »[6]. Dans des situations de fortes pénuries, en concertation avec les acteurs, diminuer significativement voire supprimer la hiérarchie entre titres « requis » et «suffisants » (les propositions de réformes du Gouvernement et du parlement de la FWB prises récemment vont dans ce sens) et, d’autre part, donner aux pouvoirs organisateurs une marge de manœuvre plus importante pour reconduire (et nommer) un enseignant (dont le titre suffisant ou en pénurie a été accepté lors de son entrée en fonction) suivant une expérience probante sur le terrain.

2. Encourager et accompagner la mobilité des travailleurs depuis l’entreprise, dans la logique d’un parcours vers une réorientation positive, en mettant mieux en évidence[7] les possibilités de reconversions et de formations. Permettre les carrières mixtes (contrat de travail simultanés dans 2 régimes statutaires, préservant les acquis par exemple en matière de pensions). La réglementation en matière de droit du travail (e.a. sur la mise à disposition des travailleurs [8]) doit pouvoir être adaptée, en mettant mieux à profit les moments de transition (comme un préavis) pour préparer une nouvelle carrière, tout en maintenant l’emploi du travailleur pendant cette période[9], ou encore en étendant le champs des mises à disposition des travailleurs (entreprises ne faisant pas partie de la même entité juridique ; temporairement ou à durée indéterminée). De futurs plans de relance suite à la crise sanitaire pourraient d’ailleurs intégrer une plateforme écoles-entreprises pour encadrer et accompagner des reconversions positives.
 

Consulter aussi l'article paru dans LE SOIR ce 12.06.2020

3. Créer un cadre stimulant dans l’enseignement, qui valorise les compétences (par ex. les « STEM » : comme professeur de sciences ou de mathématiques) et les expériences acquises dans l’entreprise au bénéfice du projet de l’établissement scolaire, en proposant notamment des fonctions mixtes (par ex. coordination, soutien à l’orientation, etc.) dans l’enseignement, et en systématisant l’accompagnement et le mentorat des nouveaux enseignants.

4. Initier une concertation avec les acteurs de l’enseignement supérieur et de la promotion sociale, en priorité dans les fonctions et disciplines de l’enseignement identifiées de manière récurrente en pénurie, pour:

  1. améliorer les parcours de formations pédagogiques existants(certains permettant déjà une mobilité de l’entreprise vers l’enseignement, comme l’agrégation, les CAP et la promotion sociale) et en assouplir modalités et accès (e.a. suivre plus facilement une formation en continuant à travailler, organiser davantage de sessions pour les jurys);
  2. favoriser l’émergence de parcours innovants, notamment en alternance[10] ou combinant l’exercice du métier en entreprise et l’enseignement[11], afin de faciliter l’entrée dans la profession pour des travailleurs issus de l’entreprise, en les préparant aux « codes » du métier et en se focalisant sur les compétences interpersonnelles[12].

C. Témoignages (extraits)

 

témoignage

D’agent d’assurance à institutrice primaire - Madame Sophie Chiaramonte a passé le cap d’une formation d’institutrice primaire de 3 ans après plusieurs années dans le secteur privé. Une réorientation difficile puisqu’une combinaison emploi/formation n’est pas prévue dans ce cas, mais positive puisque Mme Chiaramonte est aujourd’hui directrice ad interim de son école.

« Ma décision n’a pas été facile à prendre, confie-t-elle. Mère célibataire de 27 ans, pouvais-je me le permettre ? De plus, il fallait un an de chômage accompli pour bénéficier de cette option. » Finalement, elle se lance. Durant trois années, elle suit ses cours de jour et accomplit ses stages dans différents établissements scolaires. « La reprise des cours n’a pas été facile car j’étais considérée comme une étudiante de 18 ans alors que j’en avais 27, avec un parcours professionnel dont on ne tenait pas compte. Reprendre ses études sur le tard en élevant seule un enfant n’est pas évident. J’aurais apprécié un soutien psychologique qui m’aide à faire le point sur l’organisation, l’intendance, la gestion du travail à domicile…  Lorsqu’on a un parcours un peu atypique, on peut parfois se sentir bien seul. »

« Le plus difficile au début, c’est la stabilité d’emploi, témoigne-t-elle. Remplacement d’une semaine, de deux semaines, changements d’école… c’est la chaise musicale. Avec des périodes certes courtes de chômage, mais qui impliquent malgré tout pas mal de démarches administratives. Et puis, ne pas savoir si une place sera disponible à la rentrée, ou quand elle le sera, n’apaise pas l’inconfort. Tout cela demande beaucoup de flexibilité et une grande capacité d’adaptation. »

 

témoignage

D’ingénieur industriel à professeur de Sciences  - Monsieur Jean-François Bero, passionné de sciences, passionné d’humain. Faire un travail qui fait sens est essentiel pour lui. Cet expert des sciences a donc décidé de se tourner vers l’enseignement : une transition profitable et valorisante pour les élèves, qui côtoient à l’école un professionnel en phase avec leurs aspirations, à l’heure où les STEM (Sciences Technology Engineering Mathematics) méritent d’être remis en avant.

« Quand je suis en classe avec mes élèves, je suis heureux. Et eux aussi. Je me sens de nouveau utile, reconnu et apprécié pour mon travail. »

« Je pense que l’aspect financier [l’ancienneté acquise dans le privé n’est pas reconnue pour les enseignants de cours généraux, et limitée à 10 ans pour les enseignants de cours techniques/pratique professionnelle, nldr] et l’instabilité professionnelle des débuts représentent des freins à lever si l’on veut motiver les professionnels du privé à intégrer le monde de l’enseignement. »

 

témoignage

De directeur des Ressources Humaines à directeur d’école – Pour Monsieur D. Dejemeppe, engager des profils venant du privé va de pair avec formation pédagogique forte, valorisation du métier de l’enseignant et épanouissement personnel du candidat comme des élèves.

« Pour quelqu’un de passionné qui cherche à transmettre, c’est un très beau métier. Il est important de revaloriser la profession en termes d’identité et, ensuite, de l’attester sur base de rencontres entre personnes du métier et personnes qui se questionnent. En donnant l’opportunité aux personnes qui ont des parcours non linéaires de raconter leur transition heureuse, et aux personnes qui ont choisi l’enseignement dès le début de témoigner de leur satisfaction. »

« Pour qu’une situation mixte d’emploi soit possible, il est nécessaire de bénéficier d’une certaine flexibilité tant du côté de l’entreprise que du directeur d’école. »

Retrouvez l'intégralité de ces témoignages via ce lien.

Lisez également l'interview d'Oliver Remels dans PROF N°47 (SEPTEMBRE-OCTOBRE-NOVEMBRE 2020) via ce lien.


[1] Sondage FAPEO auprès de 500 familles, février 2020.

[2] Rapport 2017-2018 du groupe de travail lié aux missions de contrôle du niveau des études (Service Général d’Inspection–Secondaire) sur la base d’un échantillon de 336 établissements : 33482 élèves dans 1692 groupes-classes.

[3] Nombre de périodes pour lesquelles une offre Primoweb est restée sans réponse en FW-B (heures vacantes et absences cumulées): 170 dans le Fondamental ; 682 dans le Secondaire Inférieur (Math, Sciences, Français), 382 Sec Sup (Néerlandais, Français, Anglais). Données 2018-2019 de la chambre de la Pénurie (AGE, FW-B) ; Décret du 14 mars 2019 portant sur l'organisation du travail des membres du personnel.

[4] Le rythme moyen des jeunes générations, tout secteur confondu, est à présent celui d’une mobilité professionnelle tous les 5 à 6 ans.

[5] Plus de 13% (NEETS) des jeunes en Wallonie et 20% à Bruxelles sont sans emploi et sans parcours, ni dans l’enseignement ni dans une formation.

[6] Décret du 11 avril 2014 réglementant les titres et fonctions dans l'enseignement organisé et subventionné par la Communauté française.

[7] Directions des ressources humaines, bureaux d’outplacement et secrétariats sociaux sont des points d’appui.

[8] La Loi du 24 juillet 1987 sur le travail temporaire, le travail intérimaire et la mise de travailleurs à la disposition d'utilisateurs («Loi détachement»).

[9] Autoriser des contrats de travail simultanés dans les deux régimes statutaires, au minimum à titre transitoire, à l’instar d’expériences menées dans d’autres secteurs/régions (notamment « Dual Lessen Geven» en Flandre).

[10] Dans le programme « Leraar in Opleiding » en Flandre (enseignement Fondamental), 75 % des crédits sont acquis en haute école/université et 25% via des stages dans une classe. L’enseignant débutant est en contrat avec une école. Il peut acquérir ses titres pédagogiques “en alternance” (il est rémunéré pendant qu’il suit sa formation en horaires décalés). L’expérience construite dans la classe dont l’enseignant à la charge (ou lors de remplacement) vaut comme stages, ce qui ne nécessite pas de compléter les stages dans d’autres écoles. Les parcours (l’ordre des apprentissages) des universités/hautes écoles sont adaptés selon les rythmes scolaires. Les formations d’instituteurs, master à finalité didactique, agrégation dans l’enseignement Secondaire, promotion sociale/CAP pourraient faire l’objet de parcours innovants en alternance, à l’instar d’autres études supérieures.

[11]Le Gouvernement flamand a initié en partenariat avec Essenscia un projet-pilote (« Duale Lesgevers ») de 2 ans visant à permettre à des personnes employées dans les entreprises (volontaires) de travailler pour une période limitée comme enseignant (à temps partiel) dans l’enseignement secondaire. Une courte formation pédagogique intensive est organisée par les hautes écoles/universités pour les candidats qui n’ont pas de titres pédagogiques.

[12] A l’instar des formations accélérées dispensées par l’asbl Teach for Belgium, palliant aux pénuries aigües d’enseignants dans les écoles à encadrement différencié du Secondaire à Bruxelles. Les candidats se connectent ainsi apidement aux réalités du métier, avant d’acquérir (pour 8 sur 10 d’entre-eux) un titre pédagogique.

Soutenir durablement le numérique éducatif en Fédération Wallonie Bruxelles

Le projet pilote de rentrées numériques mené par EducIT affiche des premiers résultats très positifs. Cette expérience peut aider à soutenir une mise à l’échelle du numérique éducatif, en particulier pour accompagner la formation des techno-pédagogues.

Les invariants d’un virage éducatif réussi

Le projet pilote de rentrées numériques mené par EducIT affiche des premiers résultats très positifs. La crise sanitaire a encore renforcé son intérêt et sa pertinence aux yeux des acteurs de l’école. 10 à 12 écoles rejoindront les 4 premières écoles du pilote dès septembre 2020.

Le projet de « rentrée numérique » initié par l’asbl EducIT* réunit des conditions favorables à un virage numérique réussi au service des apprentissages à l’école et à domicile. Le  projet qui se déploie dans les écoles secondaires (4, 5, 6) soutient un virage numérique autour de 4 piliers indissociables: 1. Une approche par école (si possible en lien avec son plan de pilotage), 2. Un équipement uniforme pour chaque élève (1 :1) dans une école, permettant une approche pédagogique homogène et un gestion locale facilitée, 3. Une plate-forme de scénarisation pédagogique et 4. La formation et accompagnement des enseignants par des techno-pédagogues.  

Rien ne sert de fournir des équipements si les pédagogues ne sont pas formés pour l’utiliser. EducIT propose une prise en main du matériel par les enseignants, une formation au socle de base, un accompagnement sur mesure par un techno-pédagogue 3 jours/mois en moyenne … Au total, les enseignants sont accompagnés pendant 12 mois.

Ces « ingrédients » sont manifestement des invariants nécessaires, contribuant à un virage numérique éducatif réussi, et cela quels que soient le choix des technologies, équipements et plateformes utilisées dans les écoles.

Evaluation intermédiaire très positive du projet pilote

En juin 2020, les premiers résultats d’une évaluation indépendante sont excellents, mettant en évidence notamment  :

  • La bonne acceptation des parents sur l’approche proposée (y-compris le modèle de co-financement des parents**) ;
  • Le bon ressenti des enseignants par rapport au projet (3 sur 4 sont positifs et plus de 8 sur 10 pensent que le dispositif contribue à enrichir les cours);
  • L’homogénéité du matériel utilisé par les élèves est plébiscitée (facteur de succès) par près de 8 enseignants sur 10 ;
  • L’usage fréquent (« à chaque cours » et « toutes les semaines ») est multiplié par trois.

Le contexte d’hybridation et de distanciation possibles des apprentissages accroit encore l’intérêt pour le pilote

Suite à la crise sanitaire, de nombreuses demandes sont parvenues à l’équipe pour monter à bord du projet pilote. Tenant compte du nombre de techno-pédagogues nécessaires à l’accompagnement des enseignants qui sont disponibles au sein de l’asbl EducIT et dans les fédérations de pouvoirs organisateurs, pas moins de 12 écoles rejoindront le projet pour l’année scolaire 2020/21. D’autres demandes d’écoles sont en discussion, mais sont subrogées à un nombre suffisant de techno-pédagogues pour accompagner le changement.  Un enjeu majeur donc pour toute mise à l’échelle.

Les écoles situées en Wallonie qui en ont fait la demande pourront en outre compter sur un soutien public pour la location/achat des ordinateurs. Des contacts se poursuivent pour un soutien comparable aux écoles en Région Bruxelles Capitales.

*Comité de pilotage : EducIT, les 5 fédérations de pouvoirs organisateurs, la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Agence du Numérique wallonne, les acteurs philanthropiques qui soutiennent le projet et la Fondation pour l’Enseignement.

**Dans le projet pilote, les chromebooks (équipement choisi pour le pilote) sont co-financés par les familles, à hauteur de 20 euros/trimestre dans un modèle de location/achat (achat possible pour 30 euros après 3 ans). Des fonds de solidarité permettent de soutenir les familles qui le demandent.

 

 

Projet pilote STORY-ME : un succès collectif au bénéfice des élèves

Pendant 3 ans, le projet pilote STORY-ME a permis de soutenir 6000 jeunes dans l’enseignement qualifiant à Bruxelles, en développant leurs compétences à s’entreprendre, dans une dynamique inédite d’intelligence collective entre les acteurs scolaires, philanthropiques et associatifs.

De bonnes pratiques co-construites pendant 3 ans

Le 30 juin dernier, le projet pilote Story-Me s’achevait, après 3 années d’activités intenses d’un projet co-construit avec 10 écoles qualifiantes à Bruxelles issues de trois réseaux, 11 associations offrant des activités et une expertise complémentaires, et 8 acteurs philanthropiques grâce auxquels ce projet, mené dans une dynamique unique d’intelligence collective, a pu être mis sur pied.

Pour rappel, le projet pilote STORY-ME proposait un parcours pour aider les élèves de l’enseignement qualifiant à s’entreprendre : parmi 12 compétences-clés, l’« estime de soi », la « découverte des métiers », la « mise en projets » étaient travaillés entre la 3ème et la 6ème année du secondaire, au travers d’activités diverses organisées pour la plupart à l’école, en co-animation avec les enseignants. Des formations à la pédagogie entrepreneuriale et aux modules proposés par les associations partenaires étaient également proposées aux enseignants avec une ambition d'autonomie progressive en la matière.

Préparer l’avenir et s’articuler avec les réformes en cours

Fort d’une évaluation très positive du pilote, un projet 2.0, recentré sur des priorités liées à l’orientation positive en fin de premier cycle du secondaire / début du deuxième cycle du secondaire technique et professionnel, est actuellement à l’étude.

En effet, de nombreux élèves sont en quête de sens dans leurs orientations scolaires, notamment dans le qualifiant, où pas mal d’élèves se trouvent suite à des échecs successifs dans l’enseignement général. Les accompagner en fin du premier cycle/début du deuxième cycle (soit à l’entame de la troisième année du secondaire technique et professionnel) pour les aider à confirmer et/ou affiner leur choix est très utile pour la suite de leur parcours scolaire et professionnel.

Un parcours visant à développer plus spécifiquement la connaissance et l’estime de soi, la connaissance des métiers et la mise en projets, permettra de mieux armer des jeunes qui n’auront pas encore bénéficié du futur tronc commun polytechnique et pluridisciplinaire. Celui-ci prévoit bien de développer ces compétences, mais entre progressivement en vigueur. Les premiers élèves du qualifiant en bénéficieront d’ici 8 ans. Il est donc important de soutenir d’ici là les élèves et leurs enseignants, dans les écoles qui font de ces enjeux leur cheval de bataille.

Par ailleurs, la récente crise sanitaire a eu pour conséquence de fragiliser encore davantage les élèves en situation d’échec, particulièrement vulnérables de l’enseignement technique et professionnel très représentés dans les milieux les plus défavorisés, qui risquent de décrocher suite à l’éloignement de l’école pendant plusieurs mois.

Résultats du projet pilote STORY-ME

  • Nombre d’élèves ayant suivi au moins un atelier : 5831.
  • Nombre d’ateliers organisés avec les associations : 805.
  • Nombre d’enseignants formés formés aux pédagogies entrepreneuriales et aux modules dans une perspective d’autonomisation progressive: 191.
    Objectif fixé en 2017 : « Atteindre 3000 jeunes inscrits dans les filières précitées et augmenter de manière significative l’esprit et les compétences entrepreneuriales de 70% des jeunes sensibilisés ».
  • Dynamique d’intelligence collective menée avec 8 acteurs philanthropiques, 11 associations et 11 écoles (projet bi-communautaire mené dans 9 écoles FR et 2 écoles NL) à Bruxelles, en dialogue avec les acteurs institutionnels à Bruxelles.
  • Intégration de Story-me dans le projet scolaire : présence des enseignants aux ateliers, présentation de Story-me aux moments clés de l'année, etc.
    Des réunions de lancement pour les enseignants et les élèves ont été organisés dans les écoles afin de lancer et encadrer correctement le projet.
  • Un parcours d'ateliers clair permettant à l'enseignant d'appréhender pleinement les programmes a été créé, et amélioré au fil du temps dans une dynamique d’intelligence collective.
  • Renforcement de la dynamique collective : co-construction, amélioration de la gouvernance, groupes de travail et formations pour l’équipe ont été organisés dans plusieurs domaines d’expertise.
  • Une communication adaptée aux enjeux de mobilisation et d’information des acteurs (site Internet, outils d’information à l’école, etc.). Le projet a été salué par S.M. le Roi Philippe, qui a visité le projet dans l’une des écoles du projet pilote le 12.03.2019. présentation du projet et visite royale : https://www.fondation-enseignement.be/videos.
  • Suite à la crise du COVID, les ateliers en présentiel ont été suspendus en avril 2020, mais une offre d’ateliers en ligne a été proposée par les associations.
  • Des fiches pédagogiques et un lien vers les associations partenaires restent actifs sur le site Internet à l’issue du pilote, afin de pérenniser ces bonnes pratiques.

 

Le bilan du projet pilote Story-Me en image :

The French version: https://youtu.be/Yho46lCJtQU

The Dutch version: https://youtu.be/hHuK8M8bBeE

 

Découvrez Watt's Up!

Watt's Up propose aux élèves des informations sur les « métiers d’avenir » liés au secteur, mais aussi des outils informatifs et modules de formation continue pour les enseignants.

Il s’agit d’un exemple récent d’initiatives sectorielles proposant des ressources utiles, tant pour soutenir une orientation positive que pour nourrir les enseignants en contenus formatifs.

Plus d’infos : www.wattsup.be

Enseignants : de la classe à l’immersion en entreprise – Entr’apprendre 2020-2021

Malgré les difficultés causées par la crise sanitaire, Entr’apprendre déploie une offre de formation continue en entreprise pour les enseignants, en proposant des innovations notables basées sur la coopération entre entreprises, Centres de Technologiques Avancées et Centres De Compétences.

Poursuivre la dynamique et étendre l’offre avec souplesse

Malgré les difficultés imposées par la crise sanitaire aux entreprises et aux écoles, l’offre d’immersion en entreprise pour les professionnels de l’enseignement a pu être réouverte cette année.  Une offre recentrée sur une dizaine d’entreprises, mais qui reste ouverte à six secteurs essentiels pour soutenir la mise à jour de la formation des enseignants, confrontés, dans l’intérêt de leurs élèves, aux rapides changements des pratiques professionnelles.

A travers les secteurs agronomie, sciences appliquées, industrie, construction, économie, et alimentation, c’est la majorité des élèves de l’enseignement qualifiant qui peuvent bénéficier de l’expérience en entreprise de leurs enseignants.

Avec un taux de satisfaction de 89%, le dispositif Entr’Apprendre entend chaque année renforcer son offre la plus qualitative, mais également la renouveler. C’est pourquoi la Fondation pour l’Enseignement noue chaque année de nouveaux partenariats avec des entreprises volontaires et réputées.

Innovation : collaboration entre entreprises et centres de technologies avancées et de compétences

Une innovation majeure est proposée en 2020, le dispositif "trial", qui permet aux Centres de Technologies Avancées (CTA) ou Centres de Compétences (CDC) qui le souhaitent de nouer des partenariats avec des entreprises pour assurer une formation davantage ouverte sur le secteur général d’activités dans lequel l’entreprise évolue.

Plusieurs secteurs professionnels soutiennent cette démarche en proposant leur concours pour assurer un programme le plus qualitatif possible. Concrètement, le CTA ou le CDC assure ½ journée d’immersion, préparée avec l’entreprise, pour introduire les enseignants au secteur d’activités, à ses défis, innovations techniques et opportunités pour les élèves. L’entreprise prend ensuite le relais pour 1 journée et 1/2, assurant l’immersion du stagiaire au sein de ses équipes.

Ce dispositif trial, dont le centre de gravité reste bien l'entreprise, est également l’opportunité de faire connaître les possibilités de formation techniques proposées par les CTA et CDC. Proposé sous la forme d’un pilote cette année, le dispositif trial peut se voir renforcé à l’avenir.

Par ailleurs, les établissements scolaires poursuivent la mise en œuvre du plan de pilotage. Entr’Apprendre se positionne en outil soutenant les objectifs relatifs à la formation des enseignants, la lutte contre le décrochage et la thématique « partenariats noués avec les entreprises et employeurs ».

En fonction de leurs options de base groupées, les établissements du qualifiant peuvent choisir dans l’offre Entr’Apprendre les stages les mieux à même de soutenir leurs objectifs.

A noter que l’offre 2020-2021 peut encore être étendue, en ce compris sous la forme du dispositif trial. Pour ce faire, n’hésitez pas à contacter Jeny Clavareau, responsable des partenariats – jeny.clavareau@fondation-enseignement.be – 0499/11 11 81

Consultez notre offre sur : www.entrapprendre.be

 

Propositions pour une meilleure mobilité professionnelle entreprise-école afin de répondre aux défis des nouvelles réalités du monde du travail et lutter contre les pénurie d’enseignants

Renforcer l’attractivité du métier et de la carrière d’enseignant ; reconnaître mieux l’ancienneté acquise en entreprise; accompagner la mobilité des travailleurs en entreprises (dont les activités mixtes entreprises-écoles); stabiliser les équipes dans l’enseignement (notamment assouplir la réglementation Titres et Fonctions); créer dans l’enseignement un cadre valorisant mieux les compétences acquises en entreprises; améliorer les parcours de formation vers l’enseignement existants et initier des parcours innovants (par exemple en alternance) en concertation avec les acteurs de l’enseignement supérieur et de la promotion sociale… Des pistes concrètes de réflexions détaillées ci-après.

La pénurie d’enseignants a privé les élèves de 2 heures de cours par semaine (allant jusqu’à une perte de 6 semaines de cours par an) en 2019[1]. 1 élève sur 5 serait confronté à un problème d’absence d’enseignants pour cause structurelle[2]. On évalue en 2018-2019 le déficit structurel à plus de 1200 ETP enseignants[3]. Cette problématique structurelle, qui touche de nombreux pays européens, pose la question de l’adaptation ou non des carrières de l’enseignement aux réalités des parcours professionnels d’aujourd’hui, mais également celle de l’attractivité de l’enseignement.

Des mesures internes au système éducatif ont été mises en place pour agir sur l’attractivité du métier (par ex., « pourquoipasprof.be ») et réduire le taux important de décrochage des jeunes enseignants (1 sur 5 quitte le métier dans la première année, plus d’1 sur 3 dans les 5 ans).

La Fondation pour l’Enseignement propose de réfléchir à des solutions ouvertes sur le monde du travail dans son ensemble, en partant de plusieurs constats:

Premier constat: le cloisonnement des carrières ne correspond plus ni aux attentes des entreprises, ni à celles des nouvelles générations d’enseignants[4] et n’offre pas aux élèves de vue sur les dynamiques des parcours professionnels d’aujourd’hui.

Second constat: des travailleurs de l’entreprise ont un intérêt pour une reconversion professionnelle positive dans l’enseignement, seraient intéressés par une occupation mixte, à temps partiel dans l’entreprise et dans l’enseignement, à titre temporaire ou à long terme. Des travailleurs sont aussi dans des parcours de transition menant au départ de l’entreprise, notamment lorsque la mobilité en interne s’avère impossible.

Troisième constat: l’enseignement exprime au travers du Pacte pour un Enseignement d’Excellence une double volonté : d’une part une évolution des métiers et des pratiques professionnelle dans l’enseignement et, d’autre part, une ouverture accrue vers le monde du travail, notamment pour renforcer les liens entre l’enseignement et l’emploi[5]. Ces deux éléments justifient d’autant plus la pertinence des carrières mixtes.

Afin de répondre à ces réalités, plusieurs actions peuvent être menées à court et moyen termes:

1. Renforcer l’attractivité du métier et de la carrière de d’enseignant. Pour cela, il est nécessaire de:

  1. Rendre ses lettres de noblesses au métier d’enseignant en restaurant une image correcte de celui-ci, mieux valoriser les compétences que l’enseignant développe et mobilise dans son métier, auprès du grand public et de l’entreprise : enseigner est un métier exigeant, alliant des compétences disciplinaires, pédagogiques, interpersonnelles, autonomie, assertivité,… qui sont d’ailleurs aussi autant de compétences prisées pour des reconversions professionnelles de l’enseignement vers l’entreprise.
  2. Reconnaître l’ancienneté acquise en entreprise, en alignant celle-ci pour toutes les disciplines, niveaux et types d’enseignement à 15 ans, dès lors que les titres pédagogiques sont acquis ou en cours d’acquisition. Actuellement, seules 10 années d’expérience utile sont reconnues, pour les enseignants de cours techniques et de pratique professionnelle uniquement, et dans le cadre d’une procédure administrative assez lourde.
  3. Stabiliser les travailleurs et les équipes, d’une part en assouplissant le Décret « Titres et Fonctions »[6]. Dans des situations de fortes pénuries, en concertation avec les acteurs, diminuer significativement voire supprimer la hiérachie entre titres « requis » et «suffisants » et, d’autre part, donner aux pouvoirs organisateurs une marge de manœuvre plus importante pour reconduire (et nommer) un enseignant (dont le titre suffisant ou en pénurie a été accepté lors de son entrée en fonction) suivant une expérience probante sur le terrain.

2. Encourager et accompagner la mobilité des travailleurs depuis l’entreprise, dans la logique d’un parcours vers une réorientation positive, en mettant en évidence[7] les possibilités de reconversions et de formations. Permettre les carrières mixtes (contrat de travail simultanés dans 2 régimes statutaires, préservant les acquis par exemple en matière de pensions). La réglementation en matière de droit du travail (e.a. sur la mise à disposition des travailleurs[8]) doit pouvoir être adaptée, en mettant mieux à profit les moments de transition (comme un préavis) pour préparer une nouvelle carrière, tout en maintenant l’emploi du travailleur pendant cette période[9], ou encore en étendant le champs des mises à disposition des travailleurs (entreprises ne faisant pas partie de la même entité juridique ; temporairement ou à durée indéterminée). De futurs plans de relance suite à la crise sanitaire pourraient intégrer une plateforme écoles-entreprises pour encadrer et accompagner des reconversions positives.

3. Créer un cadre stimulant dans l’enseignement, qui valorise les compétences (par ex. les « STEM » : comme professeur de sciences ou de mathématiques) et les expériences acquises dans l’entreprise au bénéfice du projet de l’établissement scolaire, en proposant notamment des fonctions mixtes (par ex. coordination, soutien à l’orientation, etc.) dans l’enseignement, et en systématisant l’accompagnement et le mentorat des nouveaux enseignants.

4. Initier une concertation avec les acteurs de l’enseignement supérieur et de la promotion sociale, en priorité dans les fonctions et disciplines de l’enseignement identifiées de manière récurrente en pénurie, pour:

  1. améliorer les parcours de formations pédagogiques existants(certains permettant déjà une mobilité de l’entreprise vers l’enseignement, comme l’agrégation, les CAP et la promotion sociale) et en assouplir modalités et accès (e.a. suivre plus facilement une formation en continuant à travailler, organiser davantage de sessions pour les jurys) ;
  2. favoriser l’émergence de parcours innovants, notamment en alternance[10] ou combinant l’exercice du métier en entreprise et l’enseignement[11], afin de faciliter l’entrée dans la profession pour des travailleurs issus de l’entreprise, en les préparant aux « codes » du métier et en se focalisant sur les compétences interpersonnelles[12].

Pour accéder au texte en PDF : cliquez ici

Consulter aussi l'article paru dans LE SOIR ce 12.11.2020

Pour de plus amples informations: olivier.remels@fondation-enseignement.be - 0477 20 26 65


[1] Sondage FAPEO auprès de 500 familles, février 2020.

[2] Rapport 2017-2018 du groupe de travail lié aux missions de contrôle du niveau des études (Service Général d’Inspection–Secondaire) sur la base d’un échantillon de 336 établissements : 33482 élèves dans 1692 groupes-classes.

[3] Nombre de périodes pour lesquelles une offre Primoweb est restée sans réponse en FW-B (heures vacantes et absences cumulées): 170 dans le Fondamental ; 682 dans le Secondaire Inférieur (Math, Sciences, Français), 382 Sec Sup (Néerlandais, Français, Anglais). Données 2018-2019 de la chambre de la Pénurie (AGE, FW-B) ; Décret du 14 mars 2019 portant sur l'organisation du travail des membres du personnel.

[4] Le rythme moyen des jeunes générations, tout secteur confondu, est à présent celui d’une mobilité professionnelle tous les 5 à 6 ans.

[5] Plus de 13% (NEETS) des jeunes en Wallonie et 20% à Bruxelles sont sans emploi et sans parcours, ni dans l’enseignement ni dans une formation.

[6] Décret du 11 avril 2014 réglementant les titres et fonctions dans l'enseignement organisé et subventionné par la Communauté française.

[7] Directions des ressources humaines, bureaux d’outplacement et secrétariats sociaux sont des points d’appui.

[8] La Loi du 24 juillet 1987 sur le travail temporaire, le travail intérimaire et la mise de travailleurs à la disposition d'utilisateurs («Loi détachement»).

[9] Autoriser des contrats de travail simultanés dans les deux régimes statutaires, au minimum à titre transitoire, à l’instar d’expériences menées dans d’autres secteurs/régions (notamment « Dual Lessen Geven» en Flandre).

[10] Dans le programme « Leraar in Opleiding » en Flandre (enseignement Fondamental), 75 % des crédits sont acquis en haute école/université et 25% via des stages dans une classe. L’enseignant débutant est en contrat avec une école. Il peut acquérir ses titres pédagogiques “en alternance” (il est rémunéré pendant qu’il suit sa formation en horaires décalés). L’expérience construite dans la classe dont l’enseignant à la charge (ou lors de remplacement) vaut comme stages, ce qui ne nécessite pas de compléter les stages dans d’autres écoles. Les parcours (l’ordre des apprentissages) des universités/hautes écoles sont adaptés selon les rythmes scolaires. Les formations d’instituteurs, master à finalité didactique, agrégation dans l’enseignement Secondaire, promotion sociale/CAP pourraient faire l’objet de parcours innovants en alternance, à l’instar d’autres études supérieures.

[11]Le Gouvernement flamand a initié en partenariat avec Essenscia un projet-pilote (« Duale Lesgevers ») de 2 ans visant à permettre à des personnes employées dans les entreprises (volontaires) de travailler pour une période limitée comme enseignant (à temps partiel) dans l’enseignement secondaire. Une courte formation pédagogique intensive est organisée par les hautes écoles/universités pour les candidats qui n’ont pas de titres pédagogiques.

[12] A l’instar des formations accélérées dispensées par l’asbl Teach for Belgium, palliant aux pénuries aigües d’enseignants dans les écoles à encadrement différencié du Secondaire à Bruxelles. Les candidats se connectent ainsi apidement aux réalités du métier, avant d’acquérir (pour 8 sur 10 d’entre-eux) un titre pédagogique.

Story-Me s’adapte à la crise sanitaire

Suite à l’annulation d’une centaine d’activités avant les vacances de printemps, les partenaires du projet proposent des activités alternatives à la disposition des enseignants : des exercices pour leurs élèves toujours en confinement et des fiches pédagogiques qui permettront aux enseignants de poursuivre certaines activités en présentiel.

Plusieurs associations (ex.: Step2You et 100.000 Entrepreneurs) proposent aussi des ateliers en ligne sous la supervision des enseignants, tels que des rencontres avec des professionnels passionnés. Du côté néerlandophone, l’accent est mis sur le renforcement de l’accompagnement des enseignants…

Educ-IT "sur le pont" pour aider à garder le lien pédagogique entre enseignants et élèves.

Des acteurs associatifs mettent les "bouchées doubles" pour former les enseignants aux outils numériques avec une valeur ajoutée pédagogique, en collaboration avec les techno-pédagogues des fédérations de pouvoirs organisateurs.

Un exemple, qui mérite d’être relevé : l'équipe de Educ-IT s'est mobilisée, avec les techno-pédagogues des fédérations de pouvoirs organisateurs, pour aider à former les enseignants aux outils numériques avec une valeur ajoutée pédagogique, dans cette période de confinement*. Plusieurs centaines d'enseignants sont ainsi soutenus par l'asbl pendant la crise sanitaire, renforçant ou complétant les initiatives prises par les écoles qui utilisent déjà les outils numériques.
 
*Cette démarche visant à apporter une aide dans l’urgence concerne un nombre plus important d’écoles, de niveaux d’enseignement et de classes que dans le projet pilote de "rentrée numérique" mené depuis plusieurs mois dans 4 écoles pilotes en 4,5 et 6ème secondaires, en partenariat avec les fédérations de pouvoirs organisateurs de l'enseignement, l'administration de l’enseignement, l’agence wallonne du numérique et des acteurs philanthropes, dont la Fondation pour l'Enseignement. 
 
Nous saluons ces efforts communs, comme quantité d’autres initiatives qui aideront à traverser cette crise.
Pour lire l'article paru dans La Libre Belgique, cliquez ici.

Rappel du cadre donné au projet-pilote de Rentrée Numérique pour l’Education (janvier 2019)

Ce cadre fournit comme point d’appui aux partenaires (écoles, parents) les balises qui ont été fixées début 2019 par le Conseil d’Administration de la Fondation pour l’enseignement, dont les 5 fédérations de pouvoirs organisateurs de l’enseignement obligatoire.

Il semble utile d’expliquer les raisons qui mènent l’ensemble des Fédérations de Pouvoirs Organisateurs et la Fondation pour l’Enseignement à s’engager dans le projet pilote “Rentrée Numérique” et les balises que celles-ci ont souhaité poser pour le projet.

Le numérique éducatif était l’un des sujets de la session du parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles (FWB) du 29/01/2020. Rassemblant notamment les acteurs de terrain chargés d’organiser l’enseignement (les 4 fédérations de pouvoirs organisateurs et Wallonie Bruxelles Enseignement) et les entreprises bruxelloises (via le BECI) et wallonnes (via l’UWE), la Fondation pour l’Enseignement n’a pu que se réjouir de la volonté exprimée par la ministre C. Désir d’encourager les écoles à adapter progressivement leurs pratiques pour ne pas rater le tournant du numérique.

Les chiffres lui donnent raison et mettent en lumière à quel point ce défi est conséquent. Le dernier baromètre Digital Wallonia montre en effet que le taux d’équipement en FWB est 4 fois moins important qu’en Flandre1. Et l’écart ne concerne pas que le matériel. 99% des écoles secondaires flamandes peuvent s’appuyer sur la présence d’un ICT coördinator, un référent numérique qui, en moyenne, est disponible 22 heures par semaine pour aider l’école à relever le défi tant d’un point de vue technique que pédagogique2. Ce type de profil est encore rare dans les écoles secondaires belges francophones. Ce sont quelques-unes des raisons qui expliquent, comme l’a rappelé la Ministre C. Désir, pourquoi l’analyse des tests PISA de 2015 montre qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles, la part des élèves qui n’utilisent jamais internet à l’école est parmi les plus élevées de l’OCDE : 55 % en FWB contre 25 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Si nos jeunes utilisent abondamment les écrans à des fins récréatives (jeux vidéo, réseaux sociaux), force est de constater que la présence encore timide du numérique dans le contexte scolaire ne les aide pas à développer les compétences numériques qu’on souhaiterait qu’ils maîtrisent pour la suite de leur parcours.

Cela fait un an que la Fédération Wallonie Bruxelles s’est dotée d’une Stratégie Numérique. Celle-ci définit un cadre et des perspectives positives. Elle propose de combiner un équipement minimum de l’ensemble des écoles et le respect de la liberté pédagogique des écoles qui souhaitent mettre en place des équipements complémentaires en fonction de leur plan de pilotage et de leurs défis propres. C’est dans cette perspective de diversité des approches que s’inscrit le souhait des Fédérations de Pouvoirs Organisateurs et des entreprises de tester - parmi d’autres - la démarche Rentrée Numérique combinant accompagnement des enseignants et équipement individuel des élèves du secondaire supérieur.

Comme le démontrent les nombreux projets enthousiasmants initiés par des enseignants actifs du maternel à la fin du secondaire, le numérique peut être un atout précieux aux apprentissages à toutes les étapes du parcours des élèves. Cependant, dans ce contexte de moyens limités, il nous semble qu’il existe une urgence particulière à équiper d’un bagage numérique suffisant les jeunes des dernières années du secondaire, sur le point de débuter des études supérieures ou de rentrer dans le monde du travail, où le digital est particulièrement présent. C’est précisément l’approche du projet Rentrée Numérique. Cette urgence est d’autant plus grande pour les jeunes qui grandissent dans un environnement dans lequel le matériel et/ou les compétences digitales sont peu présents.

Nous sommes intéressés de tester, entre autres, dans quelle mesure un équipement one-to-one (une machine par élève) permet d’augmenter le plaisir d’apprendre des élèves, d’accroître leurs compétences digitales, de faire évoluer les pratiques pédagogiques mais aussi de réduire certains autres coûts.

La crise sanitaire actuelle sans précédent met par ailleurs encore plus en exergue les bénéfices potentiels que l’on peut attendre des outils numériques en général.

Avant de s’engager dans ce projet de rentrées numériques, les Fédérations de Pouvoirs Organisateurs de l’enseignement francophone et des entreprises réunis dans la Fondation pour l’Enseignement, ont défini des balises pour le projet :

  1. Le projet-pilote sera obligatoirement proposé à des écoles issues de différents réseaux éligibles (WBE, CPEONS, SeGEC, FELSI, et CECP), libres à eux de décider d’y prendre part ou pas et les écoles volontaires seront choisies parmi les différentes catégories d’enseignement (général de transition et technique de qualification et/ou professionnel, ordinaire et spécialisé). En aucun cas le projet ne pourrait se déployer dans un seul des réseaux.
  2. Ce projet ne pourra démarrer dans les écoles volontaires qu’à la condition d’être validé tant au niveau de la Direction de l’établissement que de son pouvoir organisateur, après concertation au sein de l’organe de concertation sociale et du Conseil de Participation ou, si le Conseil de Participation n’est pas actif au sein de l’école, la consultation des acteurs qui y sont normalement représentés - en particulier les parents et le personnel enseignant. En particulier, minimum 70% des enseignants de 4ème, 5ème et 6ème secondaire des écoles concernées doivent y souscrire.
  3. Un modèle de co-financement est souhaitable. La gratuité totale du matériel informatique mis à disposition des élèves serait de nature à déresponsabiliser les élèves et les familles quant à sa valeur et une utilisation responsable, tant à l’école qu’à domicile. Le système de prêt (location à un prix modique pendant trois ans du matériel par la famille, à raison de 20 euros/trimestre pendant trois ans et possibilité d’achat de 30 euros après 3 ans3) est par ailleurs conforme à l’esprit et à la lettre du «Décret Gratuité», ce matériel étant pleinement assimilable au prêt/location de livres et matériel scolaire, tels qu’aujourd’hui réalisé dans une très grande majorité d’établissements scolaires.
  4. Soulignons ici aussi que, quel que soit le modèle économique envisagé, il n’est en réalité simplement pas possible d’envisager une virage numérique sans prévoir un coût d’investissement pouvant ensuite être compensé/récupéré par la diminution d’autres frais. Les expériences menées en Belgique et à l’étranger montrent en effet que l’introduction du “chromebook”d’un outil numérique mis à disposition de chaque élève permettrait aux parents de réaliser des économies significatives sur d’autres frais scolaires, tels que les photocopies, les livres scolaires ou encore l’acquisition de calculatrice simple ou scientifique, du tableau de Mendeleev, ainsi que la réduction des consommables (papier, encre, classeurs)4. Constatons que cette approche de co-financement est également une bonne pratique mise en avant par les études sur ce sujet au niveau européen5.
  5. Le projet fera l’objet d’une évaluation objective par des tiers indépendants. Elle inclura l’évaluation des éléments constitutifs du projet, et notamment la soutenabilité et l’acceptabilité du modèle économique proposé, avant toute mise à l’échelle éventuelle. Le projet- pilote visera aussi à mettre clairement en évidence, par comparaison aux années scolaires précédentes, les économies pouvant être réalisées dans les frais scolaires (cf. supra) grâce à l’utilisation de ce matériel.
  6. Les capacités pécuniaires des familles (pour la location du matériel informatique) dans chacun des établissements concernés ne pourront d’aucune manière constituer pour elles une entrave à la participation au projet. Aussi, l’asbl EducIT veillera à ce qu’un fonds (alimenté par des mécènes) soit mis en place pour intervenir dans les frais scolaires des familles en difficulté, selon des critères et une méthode qui sera définie en bonne intelligence avec chacune des fédérations de pouvoirs organisateurs.
  7. S’il est bien normal de recourir à une technologie évaluée comme optimale (ici la technologie du type « chromebook » est proposée, pour laquelle plusieurs marques coexistent, a été sélectionnée) et de veiller à une relative uniformatisation du matériel au niveau de chaque classe pour des raisons pédagogiques évidentes, les choix du matériel qui sera acquis par les écoles (avant location aux élèves) devront bien entendu respecter toutes les conditions légales d’achat de matériel par les écoles, notamment si ceux-ci entrent dans le cadre de la législation sur les marchés publics.
  8. Comme l’un des objectifs du projet est bien de réduire la fracture numérique dès l’école secondaire, notamment en préparation des études supérieures, les cahiers des charges relatifs aux choix technologiques (hardware et software) tiendront compte de la nécessaire continuité d’utilisation (en cas de rachat du matériel par l’élève en fin de location) dans le cadre des études supérieures et notamment de la possibilité d’utiliser des logiciels courant régulièrement utilisés dans ce cadre par les étudiants.
  9. La sécurité et la protection des données personnelles des élèves et des professeurs seront assurées selon les meilleurs standards.

Si l’horizon de gratuité prévu dans le Pacte est partagé par l’ensemble des acteurs, il s’agit selon nous d’y parvenir d’une manière intelligente et sans compromettre l’atteinte des objectifs prioritaires de l’enseignement tels qu’ils sont définis dans le décret Missions de 1997 qui précise que l’école se doit “d’amener tous les élèves à s'approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle”.

Ce texte est disponible en PDF via ce lien.


  1. Baromètre Digital Wallonia Education & Numérique 2018, p. 13
  2. MICTIVO – Monitor ICT-Integratie in het Vlaamse Onderwijs, Eindrapport 2017 http://www.mictivo.be/wp-content/uploads/2019/01/BOOK_Eindrapport_MICTIV..., p 182
  3. Le financement du matériel partiel par les familles est, dans cette hypothèse, complété par un financement public qui pourrait par exemple être recherché auprès des Régions.
  4. Basé sur les entretiens des porteurs de projets avec des écoles en Flandre et les expériences réalisées en Amérique du Nord. Par exemple https://maine207.org/technology-and-information-services/chromebook-1-to-1/
  5. “Overview and Analysis of 1:1 Learning Initiatives in Europe”, European Commission JRC Scientific and Policy reports, A. Balanskat, D. Bannister, B. Hertz, E. Sigillò, R. Vuorikari, 2013

Focus Education Orientante

La Fondation pour l’Enseignement a lancé un partenariat avec Worldskills Belgium afin de mettre haut à l’agenda de tou.te.s la question cruciale de l’éducation orientante et des STEM en provoquant un échange entre les acteurs-clé lors des Startech Days.

WorldSkills Belgium et la Fondation pour l’Enseignement ont le plaisir de vous inviter à assister à la table ronde « L’information sur les métiers (dont les « STEM» ) dans l’Education orientante », dans le cadre exceptionnel des Startech’s Days, le lundi 23 mars à 16h30 à Ciney Expo.

Les Startech’s Days accueilleront ces 23 et 24 mars des centaines d’élèves et leurs enseignants. Ils seront sensibilisés et informés sur les métiers techniques et technologiques ainsi que sur les compétences STEM (Sciences, Technologies, Engineering, Mathematics) à travers plus de 100 animations réunies dans 3 villages métiers, 10 conférences et 30 finales des compétitions métiers.

Worldskills Belgium et la Fondation pour l’Enseignement ont souhaité profiter de cet événement de promotion des filières qualifiantes et des métiers techniques pour initier un échange entre les acteurs-clés de l’orientation sur le thème de l’éducation orientante, en lien avec les ambitions du Pacte pour un Enseignement d’Excellence. L’objectif est d’identifier les bonnes pratiques existantes et, de relever les questions légitimes que se posent les acteurs de terrain.

16h30 : Accueil par Monsieur Eric Robert, Président de WorldSkills Belgium

16h35 : Exposé introductif de Michel Guisembert, Président de WorldSkills France : « WorldSkills France, un outil pour choisir sa vie.»

16h50 : Table ronde animée par Olivier Remels, Secrétaire Général de la Fondation pour l’Enseignement :

  • Damien Canzittu, Assistant de recherche à l’Université de Mons
  • Laurence Lievens, Directrice de Step2You
  • Olivier Marchal, Directeur de la Cité des Métiers de Charleroi
  • Sophie De Kuyssche, Secrétaire Générale de la Fédération des CPMS de l’Enseignement Catholique
  • Valérie Baesch, Inspectrice Coordinatrice à la Province de Liège
  • Jean De Lame, Directeur du département Emploi-Formation à l’Union Wallonne des Entreprises

17h15 : Séance interactive de questions-réponses du public

17h40 : Conclusions par Michel Guisembert : «Un regard extérieur sur l’éducation orientante en FWB»

Merci de bien vouloir confirmer votre participation avant le 16 mars en cliquant sur ce lien.