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Journée découverte entreprise : un programme spécial pour les écoles !

Rapprocher les élèves du monde de l’entreprise, faciliter leur rencontre avec les travailleurs et les chefs d’entreprises, voire leur donner le goût de l’entrepreneuriat, c’est possible dans le cadre de « JDE à l’école ». Plus loin encore, la Fondation pour l’Enseignement et la JDE souhaitent familiariser les élèves avec certains métiers pour – qui sait ?- faire naître des vocations, ou encore leur faire découvrir des domaines innovants ou des filières parfois peu populaires ou méconnues.

Formations continues/stages en entreprises pour enseignants : les inscriptions pour l’année scolaire 2016-2017 sont ouvertes !

Le catalogue 2017 reprenant l’offre de stages dans plus de 30 entreprises de l’industrie technologique, de la chimie et de la cosmétique, du verre, de l’agro-alimentaire, des transports, de l’automobile, de la distribution et de la construction est publié. Ces formations continues, proposées avec le concours de la Fondation pour l’Enseignement, coordonnées par l’IFC avec les instituts de formation des réseaux, sont une belle occasion pour les enseignants des cours techniques et généraux de redécouvrir l’entreprise l’espace de quelques jours … et de préparer les interactions futures entre les élèves et les entreprises.

L’objectif est de renforcer les liens entre les enseignants de cours techniques et de pratiques professionnelles* et une série d’entreprises partenaires. Cette connaissance mutuelle s’acquiert dans le cadre de stages d’immersion en entreprise pour les enseignants. Avant sa plongée dans la vie de l’entreprise, l’enseignant prépare son expérience en élaborant une grille d’observation. Après le stage, il est également invité à réfléchir au « transfert » de son expérience dans sa pratique pédagogique quotidienne et, en particulier, sur des thèmes tels que : l’innovation technologique, le relationnel, la sécurité, les techniques de communication, …

Une expérience aussi concrète permet une actualisation des connaissances et des compétences demandées ainsi qu’une exploitation pédagogique ultérieure en classe. De plus, la crédibilité de l’enseignant comme référent technique est renforcée auprès des apprenants. La relation établie entre enseignant et entreprise peut aussi permettre de construire une relation plus durable afin de permettre à des jeunes de postuler pour un stage en connaissant mieux les exigences de l’entreprise. Plusieurs entreprises tiennent également à souligner l’enrichissement que cette expérience représente pour elles et, particulièrement, dans la fierté qu’éprouvent des membres de leur personnel à montrer et à expliquer leur métier. Cet enrichissement est donc mutuel.

Au cours de ses 2 premières éditions, Entr’Apprendre a permis à une centaine d’enseignants de vivre cette expérience dans les secteurs de l’industrie technologique, de la chimie, de l’agro-alimentaire, des transports et de l’automobile.

En 2015, 8 entreprises s’étaient déjà engagées comme partenaires. En 2016, elles étaient déjà 15. En 2017, ce ne sont pas moins de 30 entreprises qui ont déjà marqué leur accord pour accueillir les enseignants volontaires. Cet engagement croissant montre à l’évidence que bon nombre d’entreprises ont la volonté de s’engager concrètement et activement dans le soutien à la formation des enseignants.

Nouveauté en 2017 : les enseignants de cours généraux seront aussi les bienvenus pour les phases d’immersion dans l’entreprise, ce qui permet de renforcer encore les liens entre les disciplines théoriques (mathématiques, sciences, français…) et les cours pratiques.

Une autre nouveauté pour cette année 2017 est la diversification des secteurs  et des métiers dans lesquels des stages sont proposés : le secteur de la construction propose de nombreux stages dans différents métiers au sein d’une dizaine d’entreprises. Le secteur du commerce se renforce également avec l’engagement de CARREFOUR et COLRUYT auprès de LIDL déjà partenaire cette année. D’autres entreprises comme L’OREAL, BESIX, EUROGENTEC, SCHWANEN, BDH, LABIS INGELEC, MARLI CONSTRUCTION, JEROUVILLE, MACORS, BOISELITE, ENTREPRISE ANDRE LEMAIRE, LEMAIRE PARCS et JARDINS, CHARPENTES HALLEUX, ont décidé de rejoindre la STIB, LANTMANNEN UNIBAKE, KLUBER, SAFRAN, SONACA, LUTOSA, IBA, DELACRE, HEIDELBERGCEMENT, CARMEUSE, AGC, ATELIERS DE LA MEUSE, D’IETEREN, ENGIE dans cet effort commun.

Si, en tant qu’entreprise, vous souhaitez également vous impliquer dans cet ambitieux projet, n’hésitez pas à contacter la Fondation pour l’Enseignement (www.fondation-enseignement.be).

Si vous êtes enseignant ou formateur et que vous souhaitez vous aussi vivre cette expérience en entreprise, n’hésitez pas à consulter le catalogue de l’offre disponible sur le site de l’IFC (www.ifc.cfwb.be) ainsi que les modalités d’inscription.

*Les stages sont ouverts aux chefs d'ateliers, enseignants des cours généraux et techniques, formateurs des Centres de Formation en Alternance (CEFA) et des Centres de Technologies Avançées (CTA), conseillers pédagogiques des filières techniques et professionnelles de l’enseignement obligatoire (plein exercice et alternance). 

Publication du rapport des activités 2015 de la Fondation pour l’Enseignement

En quelques pages, la Fondation présente les résultats et quelques témoignages-clés liés à ses actions, dresse le bilan des progrès engrangés grâce aux projets concrets menés en partenariat sur le terrain, et met aussi en évidence les défis importants restant à relever en mobilisant les acteurs de l’école et de l’entreprise.

Vous pouvez le télécharger via ce lien.

Symposium « Education et formation en alternance », Palais d’Egmont, le 25 mai 2016

La Fondation pour l’enseignement a participé au symposium « Education et formation en alternance ». Celui-ci s’est déroulé le 25 mai dernier, à Bruxelles, sous les auspices du Palais royal. Il s’inscrivait dans la démarche informative de sa Majesté le Roi Philippe vis-à-vis des systèmes d’enseignement qualifiant allemands et de la Communauté germanophone.  Son objectif: créer une impulsion, pour contribuer à renforcer les synergies Ecole-Entreprise dans notre pays également.

1. L’alternance: la voie royale de l’enseignement qualifiant ?

Sa Majesté le Roi Philippe préside le SymposiumLe roi Philippe est préoccupé par la problématique de la formation des jeunes et de leur accès à l’emploi. Il l’a montré à l‘occasion de plusieurs rencontres, dans le pays et à l’étranger. En mars 2015, il témoignait ouvertement de son intérêt pour la formation en alternance au cours d’un voyage en Allemagne. Cette visite était destinée à mieux appréhender le modèle allemand de formation qualifiante, qui alterne au sein de chaque parcours les périodes d’enseignement (à l’école) et d’apprentissage (en entreprise). Et cela de manière particulièrement efficace.

Cette efficacité caractérise toute l’Europe germanique, y compris la Communauté germanophone de Belgique. Elle se mesure à l’aune du taux d’occupation des jeunes, nettement supérieur à celui d’autres parties de l’Europe. En Belgique, le taux de chômage des jeunes dépasse les 15 % de la zone OCDE. En ouvrant le symposium, le roi a souligné l’urgence de rénover l’alternance telle quelle est pratiquée chez nous. Une urgence qui transcende de loin la complexité de la tâche.

L’interaction Ecole-Entreprise

C’est en regard de cette urgence que le palais a réuni différents acteurs de l’enseignement, de la formation et de l’emploi dans le cadre de ce symposium. La Fondation pour l’enseignement en faisait partie. « Naturellement », serait-on tenté de rajouter, tant ses initiatives pour renforcer le lien entre l’Ecole et l’Entreprise participent de cette nécessité de baliser des itinéraires de formation plus adéquats, susceptibles de rencontrer les besoins des jeunes, des employeurs et, de manière plus large, de la société du 21e siècle.

« L’interaction école-entreprise est indispensable à la formation qualifiante, comment Olivier Remels,  Administrateur délégué de la Fondation, à l’issue du symposium. La forme de cette interaction doit être spécifique au métier visé et s’inscrire dans une démarche menant à l’excellence. Dans cette perspective, l’alternance s’avère être la meilleure formule pour beaucoup de métiers, à certains moments des parcours. Et elle doit être positionnée comme telle, et non pas comme une solution unique qui convient à toutes les situations, et certainement non plus comme une filière de relégation voire de la dernière chance, comme c’est encore trop souvent le cas en Belgique. C’est la position que nous avons développée à plusieurs reprises, notamment dans notre rapport sur l’enseignement qualifiant et c’est aussi la position qui prévaut dans le cadre des travaux en cours du Pacte pour un enseignement d’excellence. »

Collaboration, simplification, participation

Le Palais plaide pour un développement de l’alternance dans les filières qualifiantes. Le Roi est d’ailleurs entré dans l’échange de manière assez concrète en livrant trois ingrédients qu’il considère importants pour faire prendre la réforme de l’alternance.

Le premier, c’est la construction de ponts entre le monde de l’enseignement et de la formation d’une part et le monde de l’entreprise d’autre part. Car pour que l’alternance soit efficace, il ne suffit pas que les deux mondes s’y croisent. Ils doivent surtout se rencontrer, malgré la différence de culture. cela implique les entreprises, les syndicats, les chambres de commerce, les écoles, les centres de formation (publics et privés), les jeunes, leurs parents ...« Si nous voulons, à l’image de nos voisins allemands, élever l’enseignement et la formation en alternance à un niveau dexcellence, nous ne réussirons quen unissant nos forces, » a ajouté le roi.

Le deuxième, c’est la simplicité de la formule. Une allusion à peine voilée à la multiplicité actuelle des parcours. « Si nous voulons motiver les jeunes, les entreprises, les institutions denseignement et de formation à s’inscrire dans le système, celui-ci doit être lisible, compréhensible et attractif, » a-t-il précisé.

Le troisième, c’est faire venir l’initiative du terrain, et non pas organiser le système selon un schéma directif. Et le roi d’expliciter: « Mettre les professeurs en contact direct avec les entreprises de leur région. Inciter les entreprises et les écoles à coopérer de façon concrète au niveau local. Inviter les communes et les instituts de formation à faciliter cet échange et à s’inscrire dans le système. Voilà quelques pistes déjà mises en pratique ça-et-là et qui méritent, me semble-t-il, d’être approfondies. »

2. Synthèse des principaux échanges  : un grand besoin de simplicité et de valorisation

Que manque-t-il concrètement pour faire de la formation en alternance une filière attractive, qui puisse mobiliser les enseignants, les jeunes et les responsables d’entreprise? C’est la question qui a été posée dans les quatre ateliers du symposium. Trois groupes étaient centrés sur les publics concernés (les jeunes, les entreprises et les écoles) et un groupe sur la qualité.

Le symposium réunissait de nombreux acteurs ayant une expérience ou un projet à partager en matière d’alternance. Parmi les invités, des institutionnels, des syndicats, des jeunes, des enseignants, des chefs d’entreprises… Les sessions de travail, par groupe thématique, ont permis aux participants de s’informer, d’échanger, de parler de leurs initiatives et d’exprimer leurs attentes et leurs besoins. L’objectif était de mettre les initiatives dynamisantes en relief et, naturellement, d’entrevoir les moyens de jeter des ponts entre le monde de l’enseignement, de la formation et des entreprises.

Le groupe « Jeunes »

Le sujet, c’était l’attractivité de l’alternance pour les jeunes et leurs parents. Le problème vient de la position de l’alternance en tant que dernière étape du système de relégation. Il est donc essentiel d’opérer un changement de mentalités, en faisant connaître la capacité de cette filière à dispenser non seulement des savoirs spécifiques, mais également des savoirs transversaux, comme le travail en équipe, la communication, etc.

Les changements attendus par les jeunes et les parents:

  • Simplifier et centraliser le système.
  • Améliorer l’information précoce sur les métiers et sur les filières qui y mènent.
  • Instaurer une certification compréhensible, valorisante et reconnue.
  • Elargir des formules d’alternance à toutes les filières, y compris l’enseignement supérieur.
  • Elargir les matières dispensées, notamment en matière sociale et de développement personnel.
  • Inciter les entreprises à développer les emplois en alternance, par exemple en créant un label.

Le groupe « Entreprises », auquel la Fondation a participé

Ce groupe s’est notamment penché sur la manière d’inciter les entreprises et les indépendants à accueillir des jeunes en formation alternée. Un accent a été mis sur la communication, pour mettre en avant les avantages de cette participation pour les entreprises: repérer les talents avant qu’ils ne soient sur le marché, mettre les jeunes en phase avec les besoins opérationnels, dispenser des procédures qui ne sont pas enseignées à l’école.

Les changements attendus par les entreprises:

  • Poursuivre la simplification du système, également au niveau intercommunautaire.
  • Développer une offre de formations adaptée aux besoins locaux.
  • Impliquer les organisations sectorielles et leurs fonds.
  • Ouvrir des passerelles entre l’alternance et d’autres filières, par exemple l’enseignement supérieur.

Le groupe « Enseignement »

Une question centrale était la motivation du jeune, ou comment maintenir son attention sur les compétences qui ne peuvent êtres acquises qu’à l’école. La solution pourrait être de se baser davantage sur son expérience en entreprise. Pour cela, il faut multiplier les interactions entre profs et tuteurs, pour imbriquer les deux types de formation. L’exemple germanophone a été mis en avant, avec l’installation du centre de formation des entreprises (ZAWM) et de l’école technique et professionnelle (RSI) sur le même campus.

Les changements attendus par les écoles:

  • Créer plus de ponts entre la formation générale et la formation professionnelle.
  • Développer les compétences générales nécessaires (langues et sciences), aussi sur le lieu de travail.
  • Instaurer des stages en entreprises obligatoires pour les enseignants.
  • Tenir compte du caractère évolutif du niveau de maturité et d’autonomie des élèves.
  • Améliorer l’image de l’alternance au moyen d’une campagne nationale.

Le groupe « Qualité »

La qualité de la formation en alternance est l’élément clef qui va attirer les jeunes et inspirer la confiance des entreprises. Ce groupe a mis l’accent sur les bonnes performances de certains Cefa et centres de formations, qui ont réussi à développer un réseau qualitatif. De bonnes pratiques à généraliser.

Les changements attendus:

  • Impliquer les organisations sectorielles.
  • Faire évoluer l’offre et le contenu des formations en fonction des évolutions du marché du travail.
  • Améliorer l’image de l’alternance, mails aussi de tout l’enseignement qualifiant.
  • Permettre une mobilité des élèves entre les écoles et les centres de formation.

3. Belgique francophone: des progrès et des chantiers en cours

Un chantier bien avancé, mais encore inachevé. C’est en quelque sorte ce qu’on pouvait déduire des informations livrées par les ministres de l’emploi et de l’enseignement des trois régions. Car si la réforme de  2015 a déjà permis de simplifier et d’améliorer le cadre institutionnel de l’alternance en Belgique francophone (un processus poursuivant des objectifs comparables se déroule en Flandres), il faut encore animer les acteurs qui doivent concourir à en faire une filière de premier choix.

Faisons le point sur les avancées en Belgique francophone:

L’Offa - En 2008, les deux gouvernements régionaux et le gouvernement communautaire francophones créent l’Office Francophone de la Formation en Alternance (Offa). Cet organisme d’intérêt public a réellement été activé le 1er septembre 2015. Mission: piloter la formation en alternance dans toute la Belgique francophone, notamment en coordonnant et en harmonisant le travail des opérateurs historiques: les Cefa (enseignement), les Ifapme (classes moyennes wallonnes) et l’EFP-SFPME (classes moyennes bruxelloises). Son rôle est ainsi notamment de faire de l’alternance une filière d’excellence.

Le contrat commun - Mis en oeuvre par l’Offa, le contrat commun est entré en vigueur en septembre 2015. Il remplace en principe les contrats spécifiques à chaque opérateur historique (même si des contrats spécifiques coexistent encore actuellement). L’objectif est clairement de simplifier la vie des jeunes et des entreprises en établissant des règles uniques en matière de rétribution, d’horaires, de jours de congé, de prestations, de couverture sociale, d’assurances, etc.

Le plan de formation - Le plan de formation est lié au contrat commun et est donc entré en vigueur en septembre 2015. C’est en quelque sorte une convention à travers laquelle l’opérateur de formation et l’entreprise définissent clairement les compétences que le jeune doit acquérir et développer au sein de l’entreprise, et auquel est lié une niveau de rétribution.

L’agrément commun - Egalement entré en vigueur en septembre 2015, le système d’agrément de l’Offa remplace les agréments spécifiques à chaque opérateur. Les entreprises ne doivent donc plus solliciter qu’une fois leur agrément (du moins pour leurs apprenants francophones). Celui-ci établit les conditions minimales qui permettent à une entreprise de former des jeunes: disposer de l’organisation et de l’équipement nécessaires, respecter les règlementations en vigueur, compter un tuteur compétent parmi le personnel, etc.

Et plusieurs chantiers en cours

Plusieurs amélioration sont en cours d’élaboration et devraient être concrétisées dans un avenir proche:

La plateforme interactive - L’Offa met au point une plateforme internet destinée à gérer l’offre et la demande des places en entreprise. Autrement dit: permettre au jeune de trouver plus facilement l’entreprises qui est prête à l’accueillir…

Les profils métiers, de formation et de certification - L’élaboration des profils est actuellement en cours au sein du Service francophone des métiers et des qualifications (SFMQ). Son objectif est de définir, pour chaque métier, la liste des compétences à acquérir par l’apprenant et d’en déduire des référentiels, puis des profils de formation et de certification. C’est aussi sur base de ces profils « centralisés » que le plan de formation est élaboré. Il est donc essentiel que l’ensemble des profils soit complété et qu’il soit tenu à jour, cela avec la coopération indispensable de tous les acteurs. Le fonctionnement du SFMQ fait aussi partie des enjeux majeurs traités dans le cadre des travaux du Pacte d’Excellence…

L’offre de formations - Les instances de Bassin enseignement-formation-emploi (EFE) sont entrées en fonction en janvier 2015. Elles succèdent aux anciens comités subrégionaux de l’emploi et de la formation, dans des zones socioéconomiques plus cohérentes. Elles ont un rôle essentiel à jouer dans l’élaboration d’une offre de formations qualifiantes correspondant aux besoins de leur zone de compétence, mais aussi dans l’identification des métiers et domaines d’actions prioritaires et notamment, pour mieux connaître le potentiel  d’interactions entre écoles et entreprises en fonction du tissus socio-économique local…

Les incitants et les primes - La situation reste compliquée lorsqu’on touche aux incitants et primes, destinés aux entreprises et aux apprenants. Un travail d’harmonisation et de simplification est en cours.

Les certificats  - Chaque opérateur (enseignement et formation) a ses missions et ses spécificités propres. Selon que le jeune suit une filière Cefa ou une filière classe moyenne, il n’a pas accès aux mêmes diplômes. Une efforts d’harmonisation est en cours pour une équivalence des certificats de qualification, mais une réflexion doit se poursuivre pour développer plus avant en bonne intelligence les passerelles entre les opérateurs[1].

Le Pacte d’Excellence – les travaux du Pacte d’Excellence concerne également l’enseignement qualifiant où l’alternance est un sujet très important. Les réflexions menées sur l’alternance vise surtout, outre les conditions de sa mise en œuvre, à positionner ce mode d’apprentissage dans des parcours d’Excellence.

[1] Les Cefa confèrent les mêmes diplômes que l’enseignement de plein exercice. Les classes moyennes disposent de leur propre référentiel. Un travail est en cours au niveau de l’Offa pour uniformiser les certifications là ou cela est pertinent, ce qui facilitera leur reconnaissance.

 

Work in Touch

Le CESW, La Fondation pour l'Enseignement, Inforef et la Cité des Métiers de Liège vous invitent à l'événement Work in Touch

Inforef

Depuis près de deux ans, des écoles et institutions de six pays européens (Belgique, France, Italie, Espagne, Roumanie et Lituanie) ont collaboré à la création du portail « School&Work » avec le soutien du Programme Erasmus+ : Cette plateforme sʼadresse aux élèves du secondaire et aux équipes éducatives (enseignants, directions, conseillers scolaires). Elle vise à rapprocher lʼécole et le monde du travail, en proposant divers outils: •Une sélection de tests permettant de mieux cerner le potentiel des jeunes •Lʼanalyse dʼune soixantaine de profils dʼemplois parmi les plus recherchés dans les pays partenaires ainsi que des compétences liées à ces emplois •Une collection dʼinterviews (90 vidéos) réalisées auprès dʼentrepreneurs, dʼemployés et de personnalités mettant en évidence les compétences clés acquises à lʼécole •Des outils favorisant lʼesprit dʼentreprise chez les jeunes •Des modules de formation destinés aux enseignants et aux conseillers scolaires pour une meilleure orientation des élèves

Informations ici

Stages en entreprises Entr’apprendre

FONDATION POUR L'ENSEIGNEMENT

En 2015, la Fondation a lancé avec ses partenaires des fédérations, des entreprises et les instituts de la formation continuée de lʼenseignement, un ambitieux projet de formation continue/stages de courte durée en entreprises (Entrʼapprendre) pour les enseignants (cours généraux et techniques) du 3ème degré de lʼenseignement qualifiant (technique, professionnel, de plein exercice et en alternance). Ce projet favorise une meilleure connaissance du monde de lʼentreprise par les enseignants et les élèves quant aux évolutions technologiques et organisationnelles, dont les pratiques collaboratives, mais aussi à la gestion de la sécurité, de la qualité, de lʼenvironnement, etc. Il permet aussi de créer ou de renforcer des liens dans la perspectives de collaborations futures. La Fondation pour lʼEnseignement, fondation dʼutilité publique, a pour mission de rapprocher écoles et entreprises pour contribuer à davantage dʼéquité et de qualité de notre enseignement obligatoire en Fédération Wallonie Bruxelles. Pour cela, elle met en place des projets innovants qui rassemblent les acteurs, favorise le dialogue et diffuse des propositions dans le but dʼétendre les bonnes pratiques.

CITE DES METIERS DE LIEGE

Deux actions d'acculturation entrepreneuriale ciblées et éprouvées depuis 2011. Animation destinés aux enfants de l'enseignement primaire. Découvertes actives du monde de l'Entreprise, de ses métiers, de ses technologies et de ses innovations. Pour les jeunes de 16 à 26 ans (enseignement secondaire, supérieur et jeunes chercheurs d'emploi)

Inscription

Inscription en ligne gratuite via de lien.

Rendez-vous le 01/06/2016 au CESW
13, rue du Vertbois
4000 Liège.

Colloque "Regards croisés sur la relation écoles-entreprises"

La Fondation a organisé un colloque le 4 février dernier, dans le cadre de son comité stratégique annuel. Les orateurs sont restés dans le concret, montrant que la relation école-entreprise est un facteur de progrès pour l’avenir de l’école: les «enjeux et les principales réalisations» (L. Willame et O. Remels); l’«entreprise-citoyenne» (F. Aerts-Bancken, Chef de cabinet de la Ministre de l’éducation) ; «exemples de bonnes pratiques» (panel des acteurs); les «défis de notre enseignement obligatoire» (E. Denoël, Mc Kinsey) et «écoles-entreprises: un héritage historique ancré dans les mentalités» (Prof. M. Romainville, Université de Namur).

La Fondation pour l’enseignement: un acteur reconnu, Luc Willame et Olivier Remels (Fondation pour l’Enseignement)

L’entreprise-citoyenne,  Fabrice Aerts-Bancken (Chef de cabinet de la ministre de l’Education de la Fédération Wallonie-Bruxelles, J. Milquet)

Un panel d’acteurs relatant des expériences récentes et concrètes, Anne Hicter (Fonctionnaire dirigeante IFC), Roger Hennericy (Président IB E-F-E Luxembourg), Manu Dony (Préfet de l’athénée Royal d’Ans), Benoît Fontaine (conseiller Programmes - Fondation Roi Baudouin),  Didier Libert (Directeur du collège Saint-Guibert de Gembloux)

Pacte d’Excellence: de nombreuses pistes d’amélioration, Etienne Denoël (Directeur Mc Kinsey)

Les relations école-entreprise et école-société:  un héritage historique ancré dans les mentalités (Prof. M. Romainville, Université de Namur)


La Fondation pour l’enseignement: un acteur reconnu

Après un discours d’introduction par le Chef de Cabinet de la Ministre de l’Education, Monsieur Aerts-Bancken (voir ci-après), la première demi-heure du colloque a été consacrée aux discours de bienvenue et bilantaires de la Fondation pour l’enseignement. L’accent a été mis sur le concret: les projets passés, en cours et à venir, autant de jalons qui ont fait et feront encore le quotidien du travail des acteurs francophones de la relation école-entreprise dans les années à venir, pour “faire bouger les lignes”.

Luc Willame, président de la Fondation pour l’enseignement, a directement fait le lien entre les missions citoyennes de l’école et de l’entreprise avec le rôle profondément intégrateur de l’école dans notre société.

« Les récents événements dramatiques auxquels nous avons été confrontés nous rappellent à quel point notre action commune doit contribuer à prévenir l’exclusion, dès le plus jeune âge à l’école, et plus tard tout au long des parcours d’éducation et de formation. L’école et l’entreprise contribuent à ce que chacun se développe en tant que citoyen responsable et autonome, et trouve sa place dans notre communauté, en y jouant un rôle actif… Amener donc, quand cela est pertinent, plus d’entreprise à l’école et plus d’école à l’entreprise en jetant des ponts ne peut que renforcer des objectifs communs. »

Olivier Remels, secrétaire général, a ensuite pris possession du pupitre pour faire le point sur les chantiers ouverts par la Fondation en deux ans et demi d’existence.

Entr’apprendre

ll a commencé par remercier tous les partenaires qui ont contribué au succès des stages Entr’apprendre (voir article ci-joint), dont la phase-pilote s’est déroulée en 2015. Cette expérience s’inscrit dans le premier axe de travail de la Fondation: valoriser l’élève dans l’enseignement qualifiant. Elle a permis en 2015 à 55 professeurs et formateurs de 17 écoles des options qualifiantes de vivre pendant quelques jours la réalité quotidienne de 8 grandes entreprises.

Il a insisté sur les objectifs d’Entr’apprendre: d’une part confronter les enseignants aux exigences des entreprises en matière de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être et d’autre part, inciter les stagiaires à propager leur vécu vers leurs élèves et leurs collègues. Le succès de la phase-pilote a débouché sur une réédition du projet en 2016, où pas moins de 16 entreprises accueilleront pour quelques jours des enseignants venant cette fois de quelque 27 écoles…

« Pour cette deuxième année, nous faisons plus que doubler le nombre d’entreprises d’accueil - et donc le nombre de places de stage potentielles -, a expliqué Olivier Remels. Cela en élargissant aussi les secteurs et les métiers visés. Près de 50 stagiaires (à l’heure de boucler cette édition sont déjà inscrits). D’ores et déjà un grand merci aux entreprises qui soutiennent ce projet en s’ouvrant à l’école, pour cette année et pour les années à venir, et à tous les partenaires de l’enseignement qui oeuvrent au partage des savoir, des savoir-faire et des savoir-être, au plus grand benefice des élèves. »

Aider à s’informer sur les métiers

Dans le cadre du deuxième axe de travail de la Fondation - aider à l’information positive sur les métiers tout en encourageant l’esprit d’entreprendre -, Olivier Remels a attiré l’attention sur un projet-pilote en développement destiné à mieux utiliser le cadre des bassins de vie enseignement-formation-emploi pour favoriser une bonne information sur les métiers. Ce projet concerne surtout par nature les enseignants et les centres psycho-médico-sociaux, mais aussi tous les porteurs de projets visant cet objectif. Il visera à mieux armer les pédagogues et les conseillers dans leurs missions d’information sur les métiers et si possible d’accompagnement des élèves.

« Dans ce paysage où interagissent de nombreux acteurs, la Fondation souhaite à la fois éviter de faire ici ce qui a déjà été fait ailleurs et faciliter un usage optimal des dispositifs existants, a insisté Olivier Remels. Dans cette optique, nous sommes convaincus de la “valeur ajoutée relationnelle”, et donc d’une médiation active, au niveau de chaque bassin de vie, entre élèves, familles, anciens d’écoles, professionnels de l’orientation et acteurs socio-économiques. Le postulat est ici que la qualité apportée au suivi des interactions suscite la motivation et l’implication des acteurs, dont celle des entreprises amenées à accueillir les stagiaires. Pour cela encore faut-il que les relais soient informés et formés à ces questions… »

Le secrétaire général a ensuite évoqué d’autres projets mené avec d’autres partenaires poursuivant les mêmes buts que la Fondation, pour stimuler, encourager et encadrer les interactions entre élèves et entreprises.

Encourager les échanges de compétences écoles-entreprises

Le troisième axe de travail de la Fondation pour l’enseignement consiste à supporter les pouvoirs organisateurs et les directions d’écoles qui le souhaitent en suscitant davantage d’échanges avec les entreprises. Cela peut s’envisager par exemple dans le cadre d’un appui à différents aspects relatifs à la gestion. Le secrétaire général a mentionné la poursuite de plusieurs projets-pilotes lancés en 2014, consistant à mutualiser des bonnes pratiques tirées d’expériences vécues, par exemple en matière d’interaction avec les acteurs locaux ou de rédaction de clauses techniques de cahiers des charges en vue d’achat de matériel. D’autre pistes sont d’ores et déjà envisagées pour l’avenir.

Recommandations

Les membres de la Fondation se sont livrés également à un important travail de réflexion sur l’avenir de l’enseignement qualifiant en Belgique francophone et l’amélioration de son adéquation avec les réalités du marché de l’emploi. En juin 2015, ce travail a donné lieu à la publication de recommandations concrètes. Des recommandations qui ne sont pas passées inaperçues.

« C’est dans le prolongement de ces recommandations, qu’il m’a été demandé d’assurer la présidence du groupe de travailRéforme et revalorisation de l’enseignement qualifiant et de l’alternance’ du Pacte pour un enseignement d’excellence, a ajouté Olivier Remels. Ce travail en réalité très intensif a débuté en octobre 2015 et se poursuit, rassemblant chaque semaine les experts de l’enseignement, des institutions, mais aussi de la formation professionnelle, des centres de compétences, des agences de mise à l’emploi, des secteurs, des fonds de formation, des bassins de vie…” , ce travail a déjà conduit à des recommandations assez détaillées qui feront l’objet d’une évaluation par les acteurs de l’enseignement (entretemps, le rapport intermédiaire du groupe de travail a en effet été remis aux autorités pilotant le Pacte pour un Enseignement d’Excellence). Pour feed-back récetn surn les travaux du pacte, cliquez ici

Entreprise-citoyenne

Cette participation essentielle aux travaux du Pacte a également été soulignée par Fabrice Aerts-Bancken, chef de cabinet de Joëlle Milquet, et représentant de la ministre de l’Education de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En évoquant les nécessaires interactions entre l’école et l’entreprise, le chef de cabinet a également énuméré l’engagement citoyen attendu des entreprises en faveur de l’enseignement qualifiant.

« Pour moi, l’entreprise se fait citoyenne quand elle apporte une contribution à la formation des jeunes en les accueillant en stage et en leur permettant de travailler sur ses équipements, quand elle participe à la définition des thématiques prioritaires qui vont orienter le développement de loffre de formation et denseignement dans un bassin enseignement-formation-emploi et quand elle coopère à la mise au point de profils métiers et de formation au Service francophone des métiers et des qualifications. »

Il a ensuite présenté les initiatives en matière d’interaction école-entreprises prises et encouragées par les cabinets qui se sont succédés au cours des dernières années. Il a, entre-autres, mentionné le cadastre des places de stage, les guides sectoriels, les fiches « Mon école mon métier », la rédaction des profils métiers et formations, etc. Il en a profité pour attirer l’attention sur les stages Entr’apprendre, félicitant la Fondation pour l’enseignement de cette initiative.

Il s’est d’ailleurs également réjoui de l’action entreprise par la Fondation depuis juin 2013, particulièrement adéquate en cette période de remise en question de certains fondements de l’enseignement belge francophone:  « La Fondation remplit un rôle qui n’était pas rempli jusqu’ici, a-t-il déclaré. Par ses actions concrètes, elle associe le monde de l’entreprise et le monde de l’enseignement en les traitant sur un pied d’égalité. Elle fait donc plus que l’addition des ressources et des compétences, elle fait de la multiplication là où, dans un passé qui s’efface progressivement, il y avait plutôt de la division. »

Un rôle qui sera largement sollicité dans les mois qui viennent…

Un panel d’acteurs relatant des expériences récentes et concrètes

Après les discours, le colloque de la Fondation sur l’enseignement a donné la parole à plusieurs acteurs du rapprochement école-entreprise, qui ont présenté des expériences concrètes et récentes de collaboration entre ces deux mondes. Ce panel était animé par Françoise Baré, journaliste de la RTBF.

Entr’apprendre: une rencontre entre les entreprises et les profs de cours techniques

Anne Hicter est directrice de l’Institut de la formation en cours de carrière (IFC), qui coordonne les actions de formation continue inter-réseaux de l’enseignement francophone. Elle a parlé des stages Entr'apprendre, co-organisés avec la Fondation pour l’enseignement et les instituts de formation continue des réseaux. Elle a insisté sur l’objectif de ces stages, destinés à susciter une rencontre entre les entreprises et les professeurs de cours techniques. S’appuyant sur les bilans organisés au cours de journées de restitution, elle a souligné le succès de la démarche, qui consistait à confronter les enseignants avec les exigences de l’entreprise, non seulement en matière de compétence professionnelle, mais également d’attitude et de comportement sur le lieu de travail (respect des horaires et des règles de sécurité, collaborations avec les collègues…). Elle a cependant reconnu avoir encore peu d’informations quant à la manière dont les stagiaires ont partagé cette expérience avec leurs collègues et leurs élèves. Elle a fait part de l’enthousiasme soulevé par ces stages, tant du côté des profs que des entreprises, et s’est réjouie de la poursuite de cette expérience en 2016.

IB-EFE Luxembourg: le problème de la mobilité

Roger Hennericy est président de l’Instance Bassin de vie enseignement-formation-emploi du Luxembourg (IB-EFE Luxembourg). Il a abondamment parlé du travail de ces instances visant à faire collaborer les forces vives de l’enseignement et de l’emploi dans un territoire cohérent du point de vue socioéconomique. Rappelons que 10 IB-EFE se répartissent la Belgique francophone. Leur mission est de développer une stratégie de formation et d’enseignement en cohérence avec les caractéristiques de leur territoire et les besoins des entreprises qui y sont implantées. Le président luxembourgeois a commencé par décrire l’ampleur de la tâche, dans une province un peu particulière de par sa situation excentrée, sa faible densité de population et sa proximité avec les bassins économiques lorrains et luxembourgeois. Le problème le plus important y est celui de la mobilité, à tel point que le choix des élèves en matière d’options qualifiantes se fait souvent davantage en fonction de la proximité de l’école qu’en fonction des vocations. Le problème se pose également au niveau des déplacements pour se rendre à un entretien d’embauche ou, même, au travail. L’IB-EFE travaille à des solutions, mais regrette la faiblesse de ses moyens.

“Entreprise d’entraînement pédagogique”: l’école joue à l’entreprise

Manuel Dony est préfet de l’athénée royal d’Ans, où il a mis en place un projet d’Entreprise d’entraînement pédagogique (EEP). Nous avons déjà décrit par ailleurs le fonctionnement de ces entreprises fictives intégrées dans les écoles, grâce auxquelles les élèves des options de qualification économiques peuvent se familiariser avec les différentes tâches quotidiennes d’une entreprise. Selon Manuel Dony, le premier avantage de ce projet concerne précisément ces options, qui bénéficient d’une visibilité accrue au sein de l’école, valorisant des élèves qui auparavant restaient dans l’ombre des options-phares, comme la mécanique ou la menuiserie. Résultat: un absentéisme réduit de 15% et de bien meilleures performances lors des stages, dont certains ont déjà donné lieu à des engagements. Pour l’avenir, le préfet espère que des entreprises s’impliqueront dans ce genre de projets virtuels et apporteront leur expérience pour les rendre plus proche de la réalité. « J’adore quand l’école joue à l’entreprise, a-t-il déclaré. Mais j’adorerai encore plus quand l’école et l’entreprise joueront ensemble.» Monsieur Dony a aussi à cette occasion relaté son expérience très positive d’immersion des élèves en entreprise, une formule alternative aux stages classiques et à l’alternance, très adaptée à l’apprentissage de certains métiers techniques, où certaines unités d’acquis d’apprentissage sont vues dans l’entreprise…

Collège Saint-Guibert/EPM: fluidifier le travail des éducateurs

Didier Libert est directeur du collège Saint-Guibert de Gembloux. En tant que chef d’établissement, il a bénéficié d’une mission de conseil en gestion, organisée par l’Ecole de perfectionnement en management (EPM) et soutenue par le Segec, le pouvoir organisateur de l’enseignement catholique. L’objectif: améliorer le fonctionnement de son service administratif. Ce travail a été effectué par trois cadres d’entreprises en formation à l’EPM. Ils ont analysé les tâches effectuées par le personnel non-enseignant et ont constaté qu’il était urgent de mieux organiser (et fluidifier) le travail des éducateurs. Leur caractère multitâche appelait en effet la construction d’une dynamique d’équipe, entre-autres par la mise en place d’un projet commun. Ce travail a débouché non seulement sur une valorisation de ce service indispensable au fonctionnement de l’école, mais également sur l’inauguration de nouvelles pratiques. Ainsi, les 13 éducateurs concernés seront davantage informatisés, pour réorienter le temps qu’ils consacrent aux tâches administratives vers la mise en place de moments d’échanges et de concertations sur les aspects plus fondamentaux de leur travail.

« Coaching des directions d’école »: de chef d’établissement à chef d’équipe

Benoît Fontaine est conseiller Programmes à la Fondation Roi Baudouin, dont il a présenté le projet «Coaching des directions d’école» auquel la Fondation pour l’Enseignement a d’ailleurs participé. Ce programme, lancé en 2014 en Belgique francophone, consiste à soutenir des directeurs d’écoles dans l’aspect managérial de leur travail. Une soixantaine d’écoles-pilotes, fondamentales et secondaires, en ont bénéficié. « Il est temps que les pouvoirs organisateurs attachent moins dimportance à la connaissance des règlements qu’à l’aptitude des candidats directeurs à être des bons manageurs, » a-t-il notamment souligné, en développant le constat que les qualités de leadership d’un chef d’établissement participent en grande partie à la capacité d’une école à mener ses élèves à la réussite. Or, le préfet ou le directeur voit souvent sa fonction de chef d’orchestre pédagogique noyée dans son boulot administratif et relationnel; ce qui est normal à partir du moment où il n’a pas de soutien pour entreprendre une tâche à laquelle il n’a pas été formé, d’autant plus lorsque les ressources dédiées à ces aspects manquent. Le programme de la Fondation Roi Baudouin consiste à le faire suivre par un coach individuel, chargé de l’aider à développer ses compétences de gestion d’équipe. La finalité de ce projet-pilote, suivi de près par la Fondation pour l’enseignement qui fait partie du comité d’accompagnement, est de générer des propositions concrètes, applicables partout et notamment destinées à nourrir les travaux du Pacte pour un enseignement d’excellence.

Enseignement obligatoire : de nombreuses pistes d’amélioration

Le colloque de la Fondation pour l’enseignement a ensuite fait place au rapport présenté par Etienne Denoël, Directeur McKinsey –un expert bien connu de tous, très engagé quant à l’avenir de l’école- sur l’état de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ces constats alarmant appelant à l’action ont été versés ou résultent des travaux du Pacte pour un Enseignement d’Excellence. Du “grain à moudre” pour tous les acteurs de progrès qui veulent une école plus efficace et surtout plus équitable.

Etienne Denoël, directeur chez le consultant bien connu McKinsey, a présenté les grandes lignes des analyses qu’il a réalisées en 2015 à la demande du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur les performances de l’enseignement belge francophone. Objectif: examiner ces performances selon les critères d’analyse utilisés en gestion de projets publics. Cette évaluation est basée sur les données chiffrées disponibles: fréquentation scolaires, comptages des élèves, résultats des évaluations (CEB, CE1D, PISA), financement des réseaux… Elle met le doigt sur plusieurs faiblesses du système francophone d’enseignement, mais également sur quelques forces.

Le directeur de McKinsey a tout de suite tiré la sonnette d’alarme démographique. A l’horizon 2025, il y aura en Wallonie 5% d’élèves en plus qu’actuellement. Plus inquiétant: cela se traduira par une augmentation de la population scolaire de 13% en région de Bruxelles-Capitale, où, déjà à l’heure actuelle, 4 élèves sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté et où les retards scolaires sont les plus criants dès l’école primaire… Ce phénomène marquera surtout la moitié nord-ouest de l’agglomération bruxelloise, où il conviendrait d’ores et déjà de focaliser les efforts et les investissements pour prévenir le « gros problème » qui s’annonce.

Il a ensuite décrit les conclusions de son analyse de la performance du système scolaire belge francophone, selon trois critères:

  • L’efficacité, soit la capacité de l’école à mener les élèves jusqu’à l’acquisition des compétences nécessaires à leur entrée dans la vie professionnelle ou dans les études supérieures.
  • L’équité, soit la capacité de l’école à mener tous les jeunes jusqu’à la fin de ce parcours, quel que soit leur sexe, leur niveau social ou leur origine culturelle/ethnique.
  • L’efficience, soit la capacité de l’école à optimiser son enveloppe budgétaire pour réaliser ce parcours.

Plutôt inefficace, inique et coûteux, mais des résultats à nuancer !

Selon étude McKinsey, il n’y a qu’un seul critère d’efficacité positif: l’accès. De fait, il n’existe en Belgique francophone aucune barrière à l’entame du parcours scolaire. Les problèmes se situent après, pour mener ce parcours à bien. Ainsi, la Belgique francophone tient le record européen du redoublement: à 15 ans, 48% des élèves ont recommencé au moins une année scolaire, alors que la moyenne européenne est de 14 %. De même, la Wallonie et Bruxelles comptent respectivement 13 et 14 % de jeunes adultes en décrochage scolaire, se situant sur ce critère en queue du peloton européen, dans le même groupe que la Macédoine, la Bulgarie et l’Italie. Même inefficacité pour les connaissances acquises: les études PISA placent les élèves francophones de Belgique en dessous de la moyenne européenne…

Question équité, l’enseignement belge francophone peut se féliciter de donner les mêmes chances aux garçons et aux filles. Mais en regard des autres critères, il est inique. Les immigrés profitent moins bien de leur scolarité que les autochtones. Et les classes sociales inférieures s’en sortent moins bien que les supérieures, et cela dès l’école primaire, comme on peut le déduire des résultats du CEB. Les élèves issus de milieux socialement défavorisés affichent des retards scolaires et des taux de décrochages beaucoup plus importants que les autres.

Enfin, au niveau de l’efficience, le rapport McKinsey pointe que ces résultats pour le moins mitigés sont à mettre à l’actif d’un des systèmes scolaires les plus coûteux du monde. Une ventilation du coût par élève entre les enseignements maternel, primaire et secondaire montre que la cherté est le fait de l’enseignement secondaire; en effet, en comparaison avec les autres pays européens, la Belgique francophone sous-investit dans l’enseignement maternel (pourtant déterminant pour la suite) et se situe dans la moyenne pour l’enseignement primaire. Des constats à nuancer cependant, car plus de 50% des écoles atteignent de bons et de très bons résultats même, et l’on voit une grande dispersion des résultats, y-compris dans les écoles avec des indices socio-économiques bas, lorsque les bonnes pratiques -identifées en FWB ou à l’étranger- sont appliquées.

Filières qualifiantes: questions en suspens

Pour terminer, Etienne Denoël a fait part de quelques constats touchant les filières qualifiantes. Il a souligné le fait que ces filières affichent les retards scolaires les plus importants, notamment en raison du phénomène de relégation vers ce type d’enseignement, et bien que ce soient les mieux financées (après l’enseignement spécial),. Il note également que 3/4 des élèves se retrouvent dans les options 1 à 30, les autres options étant en situation de sous-fréquentation. Or, en matière de débouchés, seules 4 des 15 options les plus fréquentées conduisent à des métiers en demande, alors qu’a contrario, les options sous-fréquentées correspondent davantage aux emplois disponibles.

Toutes ces constatations, évidemment, sont en train d’être analysées finement et remises en perspective en vue de nourrir les réformes attendues de notre enseignement obligatoire, en prolongement des travaux du Pacte.

Relations école-entreprise et école-société:  un héritage historique ancré dans les mentalités

Marc Romainville, responsable du service de Pédagogie universitaire de l’Université de Namur, a conclu le colloque de la Fondation pour l’enseignement par une analyse pour le moins décapante de la nature des relations entre l’école et l’entreprise. Non sans une pointe d’humour et de provocation.

Pour Marc Romainville, le problème de ce déficit relatif d’adéquation est étroitement lié à la difficulté de l’école à s’ouvrir sur le monde. Cette difficulté fait partie inhérente d’un système éducationnel qui s’est mis en place au fil des siècles et qui révèle aujourd’hui ses limites, dans une société en plein bouleversement. Un signe parmi d’autres: le décalage entre le contenu des formations scolaires et les compétences attendues par les employeurs, particulièrement dans les filières qualifiantes. L’ouverture de l’école au monde extérieur ne se fera pas naturellement. Cela demande un travail déjà en cours sur certains points, mais, selon le professeur, il est temps, de « passer à une vitesse supérieure. »

Conçue pour se couper du monde…

La première raison de cette ouverture difficile est liée aux fondements historiques de l’école telle que nous la connaissons aujourd’hui. Elle a été conçue, aux 18e et 19e siècles, précisément pour se couper du monde, à une époque où on estimait que les formes de transmissions traditionnelles, comme le compagnonnage, n’étaient plus d’actualité. Le professeur namurois attire l’attention sur la conception architecturale des bâtiments scolaires: enceintes fermées, fenêtres hautes… L’objectif était de permettre aux élèves de se soustraire aux tumultes de la société pour s’adonner à la compréhension et à l’absorption d’un maximum de savoirs. Mais pas n’importe quels savoirs.

Ces savoirs sont la deuxième raison de « l’hostilité pathologique » de l’école vis-à-vis du monde extérieur. Ceux-ci visent à initier l’élève à la culture humaniste, héritée des sept arts libéraux qui ont constitué (et constituent encore) le coeur de l’enseignement depuis l’Antiquité romaine. Cette culture humaniste privilégie surtout les matières abstraites, justifiant encore davantage une coupure du monde concret: les langues mortes, la grammaire, la réthorique, les mathématiques… « Tout ce qui est inutile, renchérit Marc Romainville ! Avec en plus une dépréciation des savoirs manuels, techniques et même - jusqu’à une époque récente - scientifiques. Imaginez qu’il n’y a pas si longtemps, il fallait avoir fait latin-grec pour entrer en faculté de médecine ! »

Le professeur attire cependant l’attention sur le fait que l’école n’est en cette matière que le reflet de la société dans laquelle elle évolue. Si les savoirs manuels et techniques sont dépréciés par l’école, c’est surtout parce que les métiers manuels et techniques sont méprisés par la société. La revalorisation des filières qualifiantes est donc l’affaire de tout le monde, et pas uniquement celle du monde de l’enseignement.

Enfin, la troisième raison de l’isolement de l’école, ce sont les pédagogues eux-mêmes. « Les enseignants constituent un groupe assez particulier, souligne Marc Romainville avec une pointe d’ironie. Ils ont d’ailleurs tendance à se reproduire entre eux. » Et le conférencier de décrire un processus en circuit fermé, la plupart des profs n’ayant jamais quitté le bain scolaire, dans lequel ils ont trempé, enfants et adolescents, en tant qu’élèves et, adultes, en tant qu’instituteurs ou professeurs. A l’exception des professeurs de cours techniques, la plupart n’ont jamais travaillé en dehors de l’école. Il en résulte une méconnaissance du monde extérieur et de l’entreprise, qui renforce la fermeture de l’école.

« Cette fermeture ne vient pas uniquement d’un problème de méconnaissance, poursuit Marc Romainville. Elle est également la conséquence d’un écart de valeurs et de références entre le monde de l’entreprise et celui de l’enseignement. » Mais, à ce niveau, l’écart entre « isolement » et « ouverture » ou entre « abstrait » et « concret » n’est pas seul en cause. Car le problème ne vient pas que de l’école; il vient aussi de l’entreprise. La perception entrepreneuriale du monde de l’enseignement passe souvent par le prisme de certains clichés, qui ont été mis en lumière lors des crises sociales et des différentes réformes qui ont marqué les dernières décennies scolaires, véhiculant souvent des représentations qui n’arrangent évidemment rien. Considérer les profs comme des « gauchistes fainéants » n’aide évidemment pas au rapprochement des deux univers. De son côté, l’école aurait aussi souvent des représentations faussées de l’entreprise, souvent associée à la seule recherche du profit, en oubliant son apport crucial au bien-être et au développement de notre société.

Pour changer l’école, il faut d’abord changer les mentalités

« Il faudrait donc rapprocher ces deux mondes et faire en sorte qu’ils se connaissent mieux, » déclare Marc Romainville, qui égrène ensuite ses solutions aux différents problèmes qu’il a dénoncés. Il propose ainsi d’organiser des stages en entreprises, obligatoires pour tous les professeurs, y compris ceux des cours généraux. Il voudrait que le système des statuts aujourd’hui en vigueur dans l’enseignement favorise davantage les carrières mixtes, rendues très difficiles par des règles administratives inadaptées. Il aspire également à ce que le tronc commun du premier degré de l’enseignement secondaire soit véritablement polytechnique et pluri-artistique, de manière à permettre une orientation positive des élèves, attirés vers certaines filières et non pas relégués vers elles en raison de leurs mauvais résultats dans les matières abstraites.

A ce propos, il regrette aussi le déficit d’actions en matière de valorisation des métiers techniques et manuels, comme on le fait par exemple en France avec les concours décernant les titres de meilleurs ouvriers (N.B.: même si des initiatives existent par ailleurs chez nous aussi, par ex. Worlskills ou des campagnes portées par les autorités, le secteurs privé ou associatif). « Il est temps de faire savoir que toutes les activités professionnelles ont une même valeur et permettent un même épanouissement, à partir du moment où elles sont poussées à l’excellence. »

« Enfin, on met trop de stress sur les études, » regrette Marc Romainville en évoquant les files devant certaines écoles de bonne réputation lors de la première mouture du décret Inscriptions, ou l’acharnement des parents à pousser leurs enfants dans des filières qui ne leur correspondent pas, mais qu’ils estiment plus appropriées à la réussite socioprofessionnelle, voire même à une vie heureuse. « On met trop de lien entre parcours scolaire et nécessité sociale, ce qui n’est pas la réalité, conclut-il en soulignant la multiplicité des parcours pertinents. Il est temps de détendre ce lien. Mais nous touchons là à des mentalités bien ancrées. Cela montre à quel point il est difficile de changer l’école, car, pour changer l’école, il faut d’abord changer les mentalités. »

L'album photo complet est visible ici.

 

 

Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles: de nombreuses pistes d’amélioration

Le rapport intermédiaire du groupe de travail visant à revaloriser l’enseignement qualifiant en Fédération Wallonie-Bruxelles était présenté lors du séminaire consacré au Pacte pour un Enseignement d’Excellence, du 3 au 5 mars dernier à Spa.

La revalorisation de l’Enseignement qualifiant est l’une des priorités identifiées par la Fondation pour l’Enseignement dans son travail de rapprochement entre l’école et l’entreprise. A cette fin, la fondation organise des échanges, mets en oeuvre des projets concrets sur le terrain (dont les formations et les stages pour enseignants en entreprises), mènent des reflexions et fait des recommendations ciblées. C’est bien entendu en prolongement ces actions qu’Olivier Remels, Secrétaire général de la Fondation pour l’Enseignement, a accepté de présider le groupe de travail du Pacte d’Excellence consacré spécifiquement à la revalorisation de l’enseignement qualifiant et de l’alternance, qui complète les travaux des 11 autres groupes de travail.

Ce groupe de travail s’est réuni entre le mois d’octobre 2015 et fin janvier/début février 2016 pour livrer une première reflexion assez large et des pistes d’actions en vue d’une revalorisation en profondeur de l’enseignement qualifiant, rassemblés dans un rapport intermédiaire qui sera discuté par les instances du Pacte. La particularités de ce groupe de travail est de réunir des acteurs de l’enseignement, de la formation professionnelle, des agences pour l’emploi et de l’entreprise, pour un enseignement qualifiant en phase avec son environnement socio-économique.

Lors du séminaire, les Présidents des groups de travail, leurs groupes d’appui et les représentants du Groupe Central (les acteurs de l’enseignement qui pilote le Pacte) ont pu reconstituer les liens entre les reflexions et les propositions des différents groupes de travail. Il est aujourd’hui trop tôt pour dévoiler les principales avancées de ces travaux en cours.

Par ailleurs, ce samedi 12.03, Olivier Remels participait avec d’autres experts à une rencontre citoyenne –“L’excellence de l’enseignement en débat citoyen”- organisées par la Fondation Roi Baudouin, dans le cadre du Pacte pour une enseignement d’excellence, qui fut aussi l’occasion d’un échange de vue riches, notamment concernant les liens de l’école avec son contexte socio-économique.

Pour plus d’informations, témoignages et reportage (photos et video) sur le séminaire des 3, 4 et 5 mars 2016, cliquez ici.