Symposium: "Un tronc commun polytechnique & pluridisciplinaire à l’école - what's in a name?"

Le Pacte d’Excellence vise avant tout un niveau de connaissance de base plus élevé pour tous

Marie-Martine Schyns, Ministre de l’Education en Fédération Wallonie-Bruxelles

A l’issue du maternel, qui a fait l’objet d’un réinvesstissement de quelque 50 millions € (moyens d’encadrement), les enfants poursuivront leur parcours scolaire dans ce tronc commun polytechnique et pluridisiplinaire, qui durerait donc 9 ans au total, jusqu’à l’actuelle 3e secondaire. L’objectif est d’assurer, à 15 ans, un niveau de connaissance de base plus élevé qu’actuellement, pour tous les élèves. Dans le cadre des travaux du Pacte d’excellence, le contenu pédagogique de ce tronc commun polytechnique et pluridisplinaire a été divisé en 7 domaines d’apprentissage : 5 domaines spécifiques (dont la formation manuelle, technique, technologique et numérique intégré aux domaines des Mathématiques et des Sciences) et 2 domaines transversaux, qui contribueront à en faire un tronc interdisciplinaire : « Créativité, engagement et esprit d’entreprendre » et « Apprendre à apprendre et à poser des choix ». Les éléments de ces deux domaines seront intégrés aux cours donnés dans les domaines spécifiques.

La ministre a attiré l’attention sur la maîtrise du français, le renforcement de la connaissance des langues modernes, l’intégration du numérique en tant qu’objet et également en tant qu’outil d’apprentissage. Elle a également rappelé que la mise en place du tronc commun devrait sonner le glas de parcours aujourd’hui bien trop émaillés d’échec (grâce notamment à une remédiation active) et qu’un accompagnement personnalisé devrait permettre des parcours différenciés en fonction des facilités et des difficultés éprouvées par chaque élève. Il en serait donc fini de l’orientation négative vers le qualifiant, revalorisé comme une filière d’excellence…M.-M. Schyns : “En fonction de la feuille de route et des lignes de forces tracées par les acteurs, c’est maintenant à ceux qui tiennent la plume - conseillers pédagogiques, experts de hautes écoles et d’universités - de les concrétiser. »

Des consultations citoyennes transmises au Parlement de la FWB ont permis de nourrir le débat concernant les grilles horaires possibles, permettant d’articuler au mieux ces savoirs et compétences. En paralèlle, les groupes de travail référentiels planchent sur les objectifs d’apprentissage de chaque cours, exprimés sous la forme de savoirs, de savoir-faire et de compétences à atteindre. Les moyens pédagogiques mis en place pour atteindre ces objectifs seront laissés à la liberté des différents pouvoirs organisateurs.

Poursuivre et achever la réforme entamée sans faiblir !

Luc Willame, Président de la Fondation pour l’Enseignement

Jamais dans l’Histoire, une réforme globale n’aura été autant portée par les acteurs eux-mêmes, ce qui est le meilleur garant d’une approche cohérente, pour une amélioration durable. Luc Willame, Président de la Fondation pour l’enseignement, a rappelé l’importance de l’enjeu que représente la réforme de l’enseignement francophone, tant pour les élèves et les enseignants, que pour la société dans son ensemble. Une réforme nécessaire et entreprise selon une méthode dont il a souligné la performance, regrettant les réticences de certains, souvent mal informés ou peu désireux de changement : « Sur ce qui a été fait jusqu’à présent, il ne peut y avoir de retour en arrière, quant aux équilibres et aux objectifs de ce plan, qui doit devenir la priorité numéro un de la FWB au niveau des moyens alloués. Je suis persuadé que lopinion publique ne permettrait pas un plan baclé pour une matière aussi importante. »

Il a ensuite rappelé la contribution des entreprises via la Fondation aux travaux du Pacte d’excellence: des recommandations sur la revalorisation de l’enseignement qualifiant, la réforme de la gouvernance scolaire, la meilleure adéquation des contenus enseignés avec l’évolution des métiers. Elle a également concrétisé certaines orientations du Pacte sous la forme de projets pilotes, comme la formation des enseignants en entreprise ou le développement de l’esprit d’entreprendre des élèves du qualifiant (projet Story-Me), en partenariat avec des acteurs philanthropiques et associatifs, en bonne intelligence avec les acteurs institutionnels : « Très récemment, la Fondation a facilité avec ses membres les réflexions sur le rôle des PO dans les plans de pilotage et a contribué à mobiliser des ressources pour leur mise en oeuvre. Ces plans de pilotage sont la pierre angulaire du succès de cette réforme. Ils doivent générer une appropriation des résultats et des remèdes par tous les acteurs de l’école, ainsi quune évaluation objective des progrès par rapport aux objectifs définis en commun. Ils doivent aussi permettre une diminution des inégalités par la prise en compte des situations différenciées.»

Sondage auprès des entreprises: sentiment d’urgence et priorités communes !

Olivier de Wasseige, Administrateur délégué de l’Union Wallonne des Entreprises

Un sondage[3] dont les résultats ont été commenté en séance par Olivier de Wasseige, a été réalisé auprès des entreprises. Ce coup de sonde révèle une série de tendances qui méritent d’être explorées. En ce qui concerne la situation actuelle, les entreprises ressentent avant tout l’impréparation des élèves qui sortent de l’enseignement secondaire. L’insuffisance des acquis de base leur semble particulièrement aigüe dans les langues étrangères ainsi que dans les compétences entrepreneuriales et transversales. Les autres branches que les entreprises estiment peu satisfaisantes sont : la langue maternelle, la logique mathématique, les sciences, l’informatique et les savoirs pratiques. Les seuls domaines qu’elles estiment maîtrisés sont les sciences sociales et les sciences humaines. Par rapport aux STEM, c’est également un constat d’insuffisance qui apparaît : 6 entreprises sur 10 estiment que l’enseignement général ne prépare pas assez aux STEM. 8 sur 10 estiment que c’est également le cas de l’enseignement qualifiant.

Quelles sont les attentes prioritaires des entreprises par rapport à ce tronc commun ? En tête de leur liste, on trouve à égalité une meilleure maîtrise des savoirs de base (mathématiques, français et sciences) et les savoir-être. Viennent ensuite les disciplines technologiques et scientifiques. Les entreprises voudraient aussi que l’école amène les élèves à de nouvelles compétences. Les plus plébiscitées sont l’interdisciplinarité et les applications concrètes, la connaissance générale des règles de savoir-vivre en entreprise, la gestion de projet en autonomie, les technologies (dont le numérique) et la capacité à se mettre en projet seul et dans le cadre d’une équipe.

Enfin, les entreprises sont disponibles pour jouer un rôle plus actif en matière d’information aux côtés des écoles, mais de manière encadrée. Pour les entreprises, les écoles ne font pas assez appel aux acteurs socio-économiques pour informer les élèves sur les métiers et sur les activités humaines. La plupart estiment avoir un rôle informatif à jouer dans l’orientation ultérieure des élèves. Pour cela, les interlocuteurs qu’elles privilégient sont d’abord les enseignants, mais également les pouvoirs organisateurs et les structures prévues à cet effet, telles que les cités des métiers et les salons de l’emploi. Les entreprises estiment que la manière la plus adéquate d’informer les élèves quant à leur orientation future est avant tout de leur faire visiter des entreprises, ainsi qu’aux enseignants. Mais elles envisagent également d’autres moyens, comme apporter aux parents une information complète sur les perspectives offertes par les différents métiers et par les différentes filières d’enseignement ou intégrer cette information de manière pertinente aux disciplines scolaires.

De manière générale, les entreprises sont prêtes à mettre la main à la pâte pour que le tronc commun favorise l’orientation positive aux métiers. 6 sur 10 se disent prêtes à participer à des actions d’information aux métiers (signalons cependant que seule 1 sur 10 est contre cette implication). Les types d’action qu’elles estiment les plus indiqués sont la participation à des projets d’école allant dans ce sens et les rencontres avec les enseignants et avec les élèves.

Olivier de Wasseige, Administrateur délégué de l’Union Wallonne des Entreprises (UWE) : « Pour les entreprises, il est urgent d’agir car l’inadéquation entre l’offre et la demande en termes de compétences devient critique. Cette inadéquation est un des problèmes majeurs exprimés aux autorités publiques, au même titre que la compétitivité salariale, le coût de l’énergie et la mobilité.»

« En ce début 2018, c’est la problématique numéro un. Un chiffre est extrêmement préoccupant : 31 000 emplois vacants en Wallonie (+50 % en un an) alors qu’il y a 220 000 demandeurs d’emplois ! Nous aurons de plus en plus besoin de personnes de plus en plus qualifiées, et même hautement qualifiées. Le Cedefop prévoit que, malgré une croissance nette de 400 000 emplois sur la période 2015-2025 en Belgique, la part des emplois peu qualifiés passera de 18 % à 12 %, baissant de 215 000 unités. Et donc, ce que demandent les entreprises à l’école, c’est d’avoir des têtes bien faites plutôt que des têtes (censées) être bien remplies… Et, bien sûr, ce que nous demandons - mais nous avons aussi un rôle fondamental à jouer à ce niveau-là - c’est de revaloriser les filières techniques et professionnelles pour qu’elle deviennent des filières d’excellence et non pas des filières de relégation.»

[3] Questionnaire on-line – février 2018 - nombre de répondants (n=57)

Quelles leçons tirer du succès de la réforme en Ontario (Canada) ?

Lise Galuga, Formatrice en Technopédagogie et Conseillère pédagogique au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE)

La province de l’Ontario a connu il y a une dizaine d’années une réforme du système d’enseignement comparable à celle de la Belgique francophone. En Ontario, l’élève entame ses études secondaire vers 14 ans, âge où, en Belgique, il entre en 3e année du secondaire. Il suit alors un programme de 4 ans au terme duquel il reçoit son diplôme. S’il a besoin de davantage de temps pour obtenir tous ses crédits, il a droit à une année supplémentaire. Si ce n’est pas suffisant, il est dirigé vers un établissement d’enseignement pour adultes. Si un élève échoue à un cours, il n’échoue qu’à ce cours-là. Il ne redouble pas l’année entière. Donc, chaque élève a un parcours individualisé.

Lise Galuga : « En 2004, nous avons réalisé que notre taux de diplômation n’était que de 56 % en 4 ans et de 68 % en 5 ans, explique Lise Galuga. Ça a été un moment choc. Nous étions en train de créer toute une série de jeunes gens qui n’avaient pas accès à une éducation émancipatrice. Nous avons a donc vécu une réforme de l’enseignement, avec toutes les douleurs que vous pouvez imaginer. L’idée était de faire en sorte que l’école réponde désormais mieux aux besoins de l’élève. »

Cette réforme en profondeur a été initiée en 2008 et adaptée en 2013. Elle englobe de nombreux aspects du parcours pédagogique des élèves. Mais Lise Galuga a surtout centré son exposé sur le tronc commun, que tous les élèves suivent désormais de la maternelle à la 10e année, soit l’équivalent de notre 4e année secondaire. Pour consolider ce tronc commun, le gouvernement de l’Ontario a misé sur l’accompagnement des conseils scolaires (les pouvoirs organisateurs) et des enseignants, notamment en multipliant la disponibilité des ressources pédagogiques et en accordant une attention particulière aux écoles les moins performantes. Une gestion basée sur des données chiffrées objectives a permis cet accompagnement.

« Prenons l’exemple de notre curriculum de sciences, poursuit Lise Galuga. Il est en constante évolution. Bientôt, il n’existera plus qu’en version numérique pour qu’on puisse l’adapter en permanence. Il énumère les attentes. Il définit le contenu, divisé en domaines : Système vivant, Matière et énergie, Structures et Mécanismes… Mais, surtout, chacun de nos curricula a une introduction, toujours la même, qui énonce l’importance de l’apprentissage interdisciplinaire et intégré. On n’enseigne pas les sciences pendant 45 minutes, pour passer à autre chose après. On fait des projets en contexte. La technologie et les TIC, par exemple, ne sont pas enseignées à part, mais sont intégrées à tous les cours… L’interdisciplinarité permet de faire beaucoup de choses intéressantes, beaucoup plus que dans le cadre d’un horaire fixe. »

A partir de la neuvième année (3e année en Belgique), commence un tronc commun différencié de deux ans. L’élève peut choisir de suivre certains cours en version théorique ou en version appliquée. « Les contenus et les stratégies d’apprentissage sont adaptées à la clientèle d’élèves, explique Lise Galuga. Un élève qui a besoin d’être plus tactile dans son apprentissage ou plus en lien avec ce à quoi il se destine sera intéressé par un cours appliqué. Un élève qui se dirige vers l’université, qui est plus intéressé par la compréhension de la notion, va suivre le cours théorique. Mais il ne doit pas suivre tous les cours dans une même veine : il peut suivre la version théorique en mathématiques et la version appliquée en langues. Et s’il se rend compte qu’il fait fausse route, il a toujours la possibilité de se rattraper avec un cours de transition. Le but est de ne jamais bloquer l’élève. »

Le résultat de cette réforme est positif. En 2016, les taux de réussite étaient de 79,6 % en 4 ans et de 86,5 % en 5 ans. Le test de compétence linguistique de fin du secondaire affiche un taux de réussite de 92 %, contre 79 % en 2002. Et les progressions sont comparables pour les autres tests nationaux, en mathématiques, en sciences et en maîtrise de la lecture et de l’écriture. L’Ontario est désormais largement dans la moyenne du Canada, qui se trouve dans le peloton de tête des études PISA.

Lise Galuga a ainsi abordé de nombreux aspects de cette vaste réforme. Il serait difficile de tous les décrire ici : la formation technologique associée aux différentes disciplines, l’implication transversale du numérique, le partenariat avec les entreprises, l’apprentissage en ligne (indispensable dans un pays à faible densité de population), le service communautaire, la création des ressources pédagogiques communes, le rendement pédagogique et la gestion sur base de données chiffrées…

STEM : effectuer des choix, s’ouvrir aux nouveaux modes d’apprentissage, créer plus de sens, et former les pédagogues…

M. Durando, Executive Director European Schoolnet

M. Durando est Executive Director d'European Schoolnet, le réseau européen des ministères de l’Education & STEM Alliance, inGenious education & industry. Son objectif est de développer l’attractivité des cours liés aux STEM. Il confirme les constats posés en FWB ailleurs en Europe. M. Durando pose aussi 3 grands constats observés dans la majorité des pays européens: “premièrement, les curriculums débordent. On rajoute des choses et on en retire de moins en moins. Or, la majorité des choses intéressantes dans les STEM, c’est ce qui se fait dans l’extrascolaire. Deuxièmement, il faut de nouveaux modes d’apprentissage, comme le ‘sense-based education’, les méthodes inductives… Et troisièmement, il faut montrer aux jeunes le lien par rapport à leur vie future.”

M. Durando a notamment ensuite attiré l’attention sur  le développement professionnel des enseignants, et cela dès l’école primaire, qui doivent être davantage formés à ces pédagogiques innovantes, plus inductives. Il s’agit ensuite de développer la coopération avec les entreprises, pour favoriser à la fois la contextualisation de la matière STEM, l’information sur les métiers (particulièrement à destination des jeunes filles) et la formation des enseignants en exercice, saluant notamment au passage le projet Entr’Apprendre développé par la Fondation pour l’Enseignement en collaboration avec les entreprises (une pratique trop peu répandue ailleurs dans le monde). Et enfin, il faut renforcer les échanges de bonnes pratiques entre enseignants.

Panel des acteurs

Panel

Un panel d’acteurs a abordé plusieurs aspects liés à ce tronc commun polytechnique.

  • Successivement Marie-Martine Schyns, Ministre de l’Education en Fédération Wallonie-Bruxelles et Monsieur Laurent de Briey, Chef de cabinet de la Ministre de l’Education
  • Etienne Michel, Directeur général du Secrétariat général de l’Enseignement catholique – SeGEC
  • Florent Chenu, Inspecteur en Chef de la Ville de Charleroi, réseau des Communes et des Provinces – CECP
  • Marc Romainville, Responsable du Service de Pédagogie Université de Namur - Président de la Commission des référentiels et du Groupe de Travail « Tronc commun »
  • Thierry Castagne, Directeur général Agoria Wallonie
  • Lise Galuga, Formatrice en Technopédagogie et Conseillère pédagogique au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), Ontario (Canada)

Etienne Michel souligne l’importance mais aussi les défis représentés par les STEM: “des matières relativement neuves pour beaucoup de pédagogues ayant souvent une approche relativement traditionnelle”.

Florent Chenu enchaîne en insistant sur la nécessité de faire des choix: « Il faut qu’on définisse dans les référentiels non pas tout ce qu’il est possible de savoir, mais ce qu’il n’est pas permis d’ignorer. On a des programmes surchargés qui ne sont pas très bien maîtrisés par les élèves. »

Marc Romainville: « On a beaucoup de mal à supprimer des référentiels un certain nombre de choses qui s’enseignent dans l’Ecole par tradition depuis des décennies, voire parfois des siècles. Or, il y a de nouvelles exigences qui nécessitent de faire un peu de place dans les programmes. C’est une opération qui prend du temps et qui demande des arbitrages. »

A l’issue du tronc commun, l’élève doit faire un choix positif pour la suite de son parcours, soit vers l’enseignement de transition, soit vers des filières qualifiantes.

Marc Romainville: « Le tronc commun doit être une aide à l’orientation. Mais, c’est l’élève qui, progressivement, sur la base de ses expériences, découvre un domaine - par ex. des compétences techniques et technologiques - et sur cette base, un cheminement doit se faire pour qu’il prenne lui-même la décision de s’orienter vers l’une ou l’autre filière ».

Florent Chenu: « L’approche orientante, cest le croisement de la connaissance de soi (forces, faiblesses, envies, affinités) avec la connaissance des métiers. Il va y avoir une période transitoire où on va, notamment, faire appel au personnel de l’enseignement qualifiant qui pourra intervenir dès le début de l’enseignement fondamental pour contribuer à la découverte des métiers. Il y a aussi les ressources extérieures, comme les Cités des métiers ou des associations, comme le programme 100 000 entrepreneurs. Il faudra aussi une véritable collaboration avec les entreprises. Ça ne pourra pas se résumer à de la juxtaposition. Il faudra travailler ensemble: former des enseignants en entreprise, inviter des entrepreneurs en classe, envoyer des élèves faire des découvertes en entreprise… ».

Ceci croise l’annonce d’une nouvelle initiative de la Fondation pour l’Enseignement: un groupe de travail pluridisciplinaire réunira des représentants de l’entreprise et de l’école pour mieux répondre aux besoins en formation continue des enseignants à ces aspects polytechniques adaptés à chaque âge, souvent liés aux métiers.

Thierry Castagne, repésentant les entreprises dans ce panel (affiliées à Agoria mais aussi d’autres secteurs très concernés, comme Essenscia), a confirmé l’ouverture des entreprises à ces partenariats. Il a rappelé au passage que certaines entreprises se sont déjà engagées, parfois depuis longtemps, dans ce processus. « L’Ecole doit s’ouvrir vers l’extérieur par des coopérations. Mais pour cela, il n’y a pas que l’Entreprise. Je pense que des centres de ressources partagées et gérées avec le monde de l’enseignement ont aussi un sens pour que l’enseignant ne se retrouve pas seul devant sa pratique pédagogique et devant sa classe. Il y en beaucoup, comme les Centres de Technologies Avancées (CTA), la Maison des maths, les centres de compétences ».

Thierry Castagne a également rappelé le sentiment d’urgence des entreprises par rapport à une réforme de l’approche pédagogique, particulièrement sur les STEM : « Le pourcentage de diplômés de l’enseignement supérieur en sciences et sciences appliquées en Belgique francophone est de 12 %, alors que la moyenne européenne est de 22 %. Donc, en plus d’un problème de qualité - que le tronc commun et toutes les réformes, on l’espère, vont contribuer à résoudre -, il y a aussi un problème quantitatif, de pénurie. Est-il possible de se fixer un objectif de progression à 15 % d’ici 5 ans et à 20 % d’ici 10 ans ? »

Etienne Michel établit un parallèle entre l’expérience de l’Ontario et un aspect-clé de la réforme belge francophone : « Il existe en Ontario - et ce sera le cas chez nous - une mécanique qui permet à chaque établissement de se fixer un certain nombre d’objectifs, de chiffrer ces objectifs et de vérifier dans quelle mesure ils ont été atteints. Le secret de l’Ontario, c’est ça : la combinaison d’une certaine conception du tronc commun et d’un dispositif de responsabilisation à l’échelle des établissements. Autrement dit : la combinaison entre une certaine vision de la pédagogie et une certaine vision de la gouvernance. A ceux qui auraient un doute quant au fait que ce tronc commun va nous conduire quelque part - notamment à une amélioration effective de la maîtrise des savoirs de base, on peut dire qu’il va être possible de vérifier cela de manière concrète grâce à ce suivi par objectifs. »

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